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Drame à Kenscoff: Jean Joceler Jean appelle à l’espoir face à une crise qui a déjà trop duré

Après le drame de Kenscoff, le journaliste Jean Joceler Jean livre un message à la fois politique et profondément patriotique. Dans un communiqué dont il assume les propos, il refuse que la violence, le deuil et la peur deviennent la nouvelle normalité d’Haïti. Son appel est clair: face à l’effondrement, le pays doit retrouver le courage de se relever.

Kenscoff n’est pas seulement un nouveau nom qui vient s’ajouter à la longue liste des tragédies haïtiennes. C’est un rappel brutal de l’échec collectif à protéger la vie. Des familles endeuillées, des populations terrorisées, un État qui peine à imposer son autorité: le drame pose une nouvelle fois la question essentielle de la capacité des dirigeants à garantir le premier des droits, celui de vivre.

C’est dans ce contexte que Jean Joceler Jean refuse la résignation. « Le peuple haïtien paie un prix beaucoup trop lourd en vies humaines », dénonce-t-il, estimant que le moment exige « de la responsabilité, du courage politique et de l’action ».

Son message dépasse ainsi la seule condamnation du drame de Kenscoff. Il s’attaque à une forme de banalisation de l’horreur qui menace de s’installer dans les consciences. «Nous ne pouvons accepter que le deuil devienne une habitude, que la peur s’installe comme une normalité et que la violence continue de décider du destin de la nation», écrit-il.

Ne pas laisser la violence écrire l’histoire

Dans une Haïti où la violence tend à dicter le quotidien, Jean convoque la mémoire historique pour rappeler que le pays ne peut être réduit à ses crises.

«Haïti est le pays de Jean-Jacques Dessalines, le pays de la liberté et de la résistance», rappelle-t-il. Mais il évoque surtout Jacques Stephen Alexis, dont la pensée et l’œuvre incarnent, à ses yeux, une autre image du pays: celle d’une nation capable de produire de l’intelligence, de la culture, du courage et de l’espérance.

«Un pays qui a produit Jacques Stephen Alexis ne peut pas mourir», martèle-t-il.

Cette phrase résonne comme un refus de l’enterrement moral d’une nation déjà éprouvée. Elle rappelle que le véritable danger ne réside pas seulement dans les armes des groupes violents, mais aussi dans l’idée que l’effondrement serait devenu irréversible.

Le devoir de reprendre le destin national

Jean Joceler Jean interpelle également les responsables politiques et les institutions de l’État. Il leur demande de «prendre pleinement leurs responsabilités» et d’agir pour «restaurer la sécurité, la confiance et les conditions nécessaires à la reconstruction du pays».

L’enjeu, selon lui, ne peut se limiter à répondre ponctuellement aux massacres. Il s’agit de reconstruire une société dans laquelle chaque citoyen puisse vivre, travailler, circuler et rêver sans avoir à négocier quotidiennement avec la peur.

Car derrière chaque victime se trouve une famille, derrière chaque quartier abandonné se trouve une communauté et derrière chaque jeune privé d’avenir se trouve une partie de l’avenir national qui disparaît.

«Le sang a trop coulé. Il faut que cela cesse», insiste Jean Joceler Jean.

Son propos porte finalement une exigence politique et morale: ne pas laisser la violence devenir le principal auteur de l’histoire contemporaine d’Haïti.

Et c’est peut-être là que réside le sens profond de son message. Refuser de croire qu’Haïti est condamnée, ce n’est pas nier la gravité de la crise. C’est considérer que la crise ne doit pas avoir le dernier mot.

Fcnhaiti


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