Rentrée scolaire 2026-2027 : le REDIENAH appelle le gouvernement à prendre des mesures urgentes

À quelques jours de la rentrée scolaire 2026-2027, fixée au 7 septembre par le ministère de l’Éducation nationale et de la Formation professionnelle (MENFP), le Regroupement des Directeurs d’Écoles Nationales d’Haïti (REDIENAH) exprime de vives préoccupations quant aux conditions d’accueil des élèves dans les établissements publics. Lors d’une conférence de presse tenue mardi 1er septembre, dans les locaux de l’École nationale Colbert Lochard, le regroupement a appelé le gouvernement, en particulier le MENFP, à prendre des mesures concrètes pour assurer une reprise effective des activités scolaires.
Au cours de cette conférence, les représentants du REDIENAH ont fait le point sur plusieurs grands besoins scolaires qui doivent être pris en compte pour une année académique réussie. Ils insistent sur la nécessité de panser aux écoles nationales en situation difficile surtout dans l’Ouest.

Le coordonnateur général du REDIENAH, Anio Pierre, estime que l’annonce de la rentrée scolaire ne saurait, à elle seule, garantir une reprise effective des cours. Selon lui, les écoles nationales doivent disposer des infrastructures, du mobilier et des moyens nécessaires pour fonctionner dans des conditions acceptables La qualité du mobilier scolaire figure également parmi les principales préoccupations soulevées par le regroupement.
Directeur Anio Pierre appelle notamment les autorités à privilégier des équipements solides et durables, capables de résister à plusieurs années d’utilisation. Il estime que le matériel destiné aux établissements publics doit répondre à des normes de qualité permettant d’assurer aux élèves des conditions d’apprentissage adéquates.
Le Regroupement estime que l’État ne peut continuer à remplacer régulièrement des bancs scolaires alors que les ressources financières publiques demeurent limitées. Elle encourage donc le Fonds national de l’éducation (FNE) à revoir ses standards afin de garantir la qualité des équipements distribués dans les établissements publics.
Une attention particulière aux enfants déplacés
La situation des enfants déplacés en raison de l’insécurité constitue également une source d’inquiétude pour le REDIENAH. De nombreuses familles ayant abandonné leur quartier se retrouvent aujourd’hui dans des camps ou dans d’autres régions du pays.
Pour faciliter la réintégration de ces enfants dans le système éducatif, l’organisation propose la création d’une commission réunissant les autorités publiques et les responsables scolaires. Cette structure aurait notamment pour mission d’identifier les enfants déplacés et leurs familles, ainsi que de recueillir les coordonnées des parents.


Le REDIENAH souhaite ainsi que ces enfants puissent bénéficier des dispositifs prévus dans le cadre de la rentrée scolaire 2026-2027.
Le transport scolaire également réclamé
La question du transport scolaire a également été évoquée lors de la conférence de presse. Les responsables du REDIENAH souhaitent la mise en place de moyens permettant aux enfants de rejoindre leurs établissements, particulièrement dans les zones fortement affectées par l’insécurité et les déplacements de population.
Selon l’organisation, le financement du transport scolaire pourrait contribuer à maintenir les enfants à l’école et à réduire les obstacles auxquels sont confrontées les familles vivant dans les secteurs les plus difficiles d’accès.
Le gouvernement appelé à agir
Dans sa déclaration, M. Guyel Désinor, secrétaire général du REDIENAH, a insisté sur la nécessité de ne pas réduire la rentrée scolaire à une simple annonce administrative. Il appelle le ministère de l’Éducation et le gouvernement à mobiliser les ressources disponibles afin de permettre aux écoles nationales, communautaires et autres établissements concernés de fonctionner effectivement.
Le responsable a par ailleurs salué les efforts du FNE en matière de mobilier scolaire, mais déplore la qualité de certains bancs distribués l’année dernière. Moins d’un an après leur installation, certains sont déjà fortement détériorés, estime-t-il, appelant ainsi les autorités à privilégier des équipements plus solides et durables.

Programme National de Cantines Scolaires
Le directeur Désinord a également salué les efforts du Programme national de cantines scolaires (PNCS) en faveur des élèves. Toutefois, il invite la Coordination générale à prendre les dispositions nécessaires afin de garantir, à temps, l’approvisionnement des écoles pour la nouvelle année scolaire. Selon lui, offrir un plat chaud aux élèves à chaque journée de classe constitue un devoir et une responsabilité envers les enfants.
Transport scolaire
Il demande également au responsable de la compagnie de transport scolaire Dignité de mettre les bus à la disposition des écoliers, afin de faciliter leurs déplacements. Selon lui, cette mesure est d’autant plus nécessaire que la situation économique de nombreux parents et élèves demeure précaire. Il appelle ainsi les responsables à rendre le service de transport scolaire plus accessible et plus visible à l’approche de la rentrée.
De son côté, le secrétaire général de l’Union des Parents, Élèves Progressites d’Haïti (UPEPH), Lutholu Léo, a sévèrement critiqué le comportement de certains responsables du système éducatif haïtien, qu’il accuse de ne pas avoir été à la hauteur de leurs responsabilités.
Il appelle le ministère de l’Éducation nationale et de la Formation professionnelle (MENFP) à prendre ses responsabilités dans le dossier du livre unique, dont la distribution dans les différents départements du pays demeure toujours bloquée pour la question moyens de transport, alors que la rentrée scolaire est prévue dans quelques jours.
Il en a profité de demander au autres entités du MENFP dont le PNCS, le FNE et Dignité de répondre à leurs responsabilités.
Pour les directeus publiques, la réussite de la rentrée scolaire passe donc par une réponse globale intégrant les infrastructures, le mobilier, la sécurité, le transport, l’accueil des enfants déplacés et les conditions de fonctionnement des établissements.
Le REDIENAH attend impatiemment une réponse coordonnée et urgente entre les entités publiques précitées, dont le ministère de l’éducation nationale pour mieux accompagner les élèves.
FCNHAĨTI

