Pierre Damas Bel : une tragédie qui interpelle l’État haïtien

La mort de Pierre Damas Bel, jeune Haïtien de 20 ans, survenue le 31 août 2026 dans l’Ohio, bouleverse sa famille et interpelle bien au-delà de son entourage.
Diplômé avec mention “très bien” et animé par le rêve de devenir médecin, Pierre aurait été profondément affecté par les difficultés liées à sa situation migratoire aux États-Unis, notamment la perte de son statut et le port d’un bracelet électronique. Selon ses proches, cette situation aurait lourdement pesé sur son moral.
Les circonstances exactes de sa disparition doivent être établies par les autorités compétentes. Mais cette tragédie soulève une question essentielle : quel accompagnement l’État haïtien offre-t-il à ses ressortissants confrontés à des situations migratoires aussi difficiles ?
Il ne s’agit pas de rendre Port-au-Prince responsable des décisions migratoires américaines. Il s’agit de rappeler que la responsabilité d’un État envers ses citoyens ne s’arrête pas à ses frontières.
Face aux incertitudes liées au Temporary Protected Status (TPS) et aux autres changements de politique migratoire, des milliers d’Haïtiens vivent dans l’inquiétude. Beaucoup ont besoin d’informations fiables, d’orientation juridique et, dans certains cas, d’un accompagnement psychosocial.
Les représentations diplomatiques et consulaires haïtiennes ne peuvent évidemment pas modifier les décisions des autorités américaines. Elles peuvent toutefois informer, orienter, accompagner et défendre les intérêts des ressortissants haïtiens dans le cadre de leurs compétences.
L’histoire de Pierre doit également nous amener à dépasser une vision essentiellement économique de la diaspora. Nos compatriotes vivant à l’étranger ne doivent pas être considérés uniquement lorsqu’ils envoient de l’argent au pays. Ils doivent aussi compter lorsqu’ils sont en difficulté.

Pierre avait 20 ans. Il avait un diplôme, un rêve et un avenir qu’il espérait construire.
Sa disparition ne doit pas être réduite à une simple tragédie familiale. Elle doit nous pousser à réfléchir à la manière dont Haïti accompagne ses citoyens confrontés à l’exil, à l’incertitude et à la vulnérabilité.
L’État haïtien ne contrôle pas les politiques migratoires américaines. Mais il peut choisir d’être présent auprès de ceux qui en subissent les conséquences.
Protéger le peuple haïtien, c’est aussi le protéger partout où il se trouve.
Giovanni Dickson Bien-Aimé

