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À Springfield, la mort d’un jeune Haïtien ravive les inquiétudes autour des contrôles de l’immigration

Pierre Damas Bel, un jeune Haïtien de 20 ans installé à Springfield, dans l’Ohio, est mort lundi 31 août après avoir été percuté par un semi-remorque sur l’Interstate 70. Sa famille estime que le jeune homme, profondément affecté par sa situation migratoire et le port d’un bracelet électronique imposé par les autorités américaines de l’immigration, aurait mis fin à ses jours.

Selon la patrouille routière de l’État de l’Ohio, Bel est sorti d’un véhicule stationné sur l’accotement de l’Interstate 70, en direction ouest, avant de pénétrer sur les voies de circulation à proximité de la State Route 54. Il a été heurté par un poids lourd et son décès a été constaté sur place.

Les circonstances exactes de sa mort font encore l’objet d’une enquête. Les autorités n’ont pas établi de lien officiel entre son décès et son dispositif de surveillance électronique.

Arrivé aux États-Unis en 2024 pour rejoindre ses parents, Pierre Damas Bel avait rapidement construit un parcours scolaire prometteur. Diplômé avec mention en mai, il participait au programme JROTC et avait été distingué dans le cadre d’un programme de récompenses scolaires. Selon sa famille, il souhaitait poursuivre des études de médecine.

Son parcours a cependant été bouleversé par les difficultés liées à son statut migratoire. Alors que sa demande d’asile était toujours en cours, il a été convoqué par les services de l’immigration et placé sous surveillance électronique.

Son père, Pierres Ronal Bel, a expliqué au Washington Post que son fils avait vécu cette mesure comme une humiliation. Le jeune homme avait lui-même exprimé publiquement sa détresse sur Instagram, expliquant qu’il était venu aux États-Unis pour étudier et construire son avenir, et non pour commettre des infractions.

Selon son père, le bracelet aurait également limité sa pratique du football. Le jeune homme aurait par ailleurs subi des moqueries et des commentaires de la part de certains camarades en raison du dispositif fixé à sa cheville.

Quelques jours avant sa mort, un nouvel épisode aurait accentué son mal-être. Vendredi, lors de la distribution des uniformes du JROTC, Bel n’en aurait pas reçu. Il aurait pensé que cette situation était liée au bracelet électronique.

Le lundi matin, il a quitté le domicile familial. Peu après 8 heures, il a appelé son père en visioconférence et lui aurait dit qu’il ne se sentait pas bien. Son père lui aurait alors demandé de rentrer afin qu’ils puissent discuter.

Plus tard dans la matinée, la famille a appris sa mort.

Selon Vilés Dorsainvil, directeur exécutif du Centre de soutien haïtien de Springfield, Bel redoutait également un éventuel retour en Haïti, où la violence des gangs demeure particulièrement importante.

Sa disparition intervient dans un climat d’inquiétude croissante au sein de la communauté haïtienne de Springfield. Des centaines d’Haïtiens auraient été convoqués par les services de l’immigration ces dernières semaines. Le Centre de soutien haïtien estime que plus d’une centaine de personnes ont été équipées de bracelets électroniques.

Pour de nombreux immigrés, ces dispositifs constituent une source de stress et d’humiliation. Le décès de Bel relance ainsi le débat sur les conséquences psychologiques que peuvent provoquer l’incertitude concernant le statut migratoire, la surveillance électronique et la peur d’une éventuelle expulsion.

La famille de Pierre Damas Bel considère que ces différents éléments ont contribué à sa détresse. Les autorités, elles, n’ont pas encore établi de causalité entre ces facteurs et sa mort.

À 20 ans, le jeune Haïtien laisse derrière lui le parcours d’un étudiant décrit par ses proches comme ambitieux et déterminé. Sa disparition bouleverse sa famille et alimente désormais les interrogations d’une communauté confrontée à une pression migratoire accrue.

JJJ / FcnHaiti

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