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Mon Intime Conviction: Les haïtiens et les blancs

L’un de mes garçons a sept ans. Il est en 3e année fondamentale. Bryan a développé une capacité extraordinaire à adapter les propos des scènes de films pour enfants à des situations de la vie réelle. A cause de cela, ses institutrices pensent qu’il accuse un retard dans son apprentissage scolaire par manque de concentration. Alors que la plupart de ceux qui le connaissent estiment qu’il est en avance sur son âge, quoiqu’il semble effectivement trop se concentrer sur l’imaginaire. C’est ce garçon génial qui m’a inspiré ce titre, lorsqu’il me déclara un jour: Papi eske se pa vre, gen de gwoup moun sou tè a ayisyen yo ak blan yo.

Des propos d’une telle naïveté qu’on en rit encore quand on s’en souvient. Il a dû l’entendre quelque part sur les réseaux sociaux. Car c’était très comique de l’écouter expliquer que ceux agissent bien avec du bon sens sont des blancs peu importe la couleur de leur peau. Mais mon Bryan est un enfant non-encore expérimenté qui peut-être d’une grande inspiration à ses heures perdues, parce que ce n’est pas la première fois qu’il dit des choses étonnantes. A la maison ou l’école il n’arrête pas de surprendre les uns et les autres par sa clairvoyance.

«Les haïtiens et les blancs», une drôle de farce qui mérite peut-être quelques approfondissements. Effectivement quand j’y pense, il n’y a que les haïtiens et les blancs. Essayez de l’imaginer un peu, car les paragraphes qui vont suivre peuvent vous faire penser du mal de moi. Vous pourrez même aller jusqu’à croire que je suis un raciste anti-haïtien ou peut-être pire. Bref, vous le savez déjà, je suis un effronté… Loin de moi toutes les formes de préjugés anti-blancs ou de racisme haïtien.

Des haïtiens qui souffrent de la Blanco-manie, d’autres de la Blanco-phobie. Vous vous souvenez du chapitre des pompons blancs et des pompons rouges dans les livres d’histoires à l’école. Chacun cherche à avoir, s’il n’en avait pas déjà, un blanc dans sa barque, qu’il soit petit ou gros. Nous nous renfermons dans notre petit monde, faisons ce que nous avons toujours fait, défiant toutes les théories scientifiques du monde sur l’organisation et la structuration de la vie en société… la politique.

Nous voulons tellement les ressembler nous intégrons dans notre mode de vie leur système de corruption et de criminalité organisée. Jamais quelques de positif parmi tous les exploits de l’occident. On a toujours tout fait pour être accepter à la table des blancs. Notre Dieux, notre façon de vivre, de nous habiller, ce que nous mangeons… si cela ne vient pas du blanc (pèpè) ce n’est pas bien. Quand allons-nous cesser cette aliénation? Cette profanation de la terre sacrée que nos ancêtres nous ont léguée.

Notre tendance à vouloir à tout prix nous valider auprès des étrangers, nous fait perdre notre conviction et pire notre nature humaine. Notre obsession pour le blanc nous fait croire que les africains qui apportent de l’aide à travers les missions onusiennes, des haïtiens œuvrant pour des causes humanitaires sont des blancs. Je déteste entendre les gens dire qu’un tel est un «Blan Gason» parce qu’il accompli un acte sublime, comme si la grandeur d’âme appartient aux blancs. Et quand un blanc commet des bêtises, est-il devenu un haïtien pour ça?

Pourtant je crains que nous donnions raison à Bryan, par nos incohérences et notre absence de rationalisme dans nos actions politiques, nos choix économiques et la naïveté avec laquelle nous profanons ce qu’il y de plus profond en nous, notre culture. Nous avons étonné l’humanité en 1804 en proclamant notre indépendance et celle des autres peuples noirs du monde entier. Mais si nous continuons cette descente aux enfers, nous pourrons encore étonner le monde en devenant la honte de toute la race noire sur terre. Et j’espère avoir tort dans cette conclusion.

Mon Intime Conviction

Mon Intime Conviction: Les haïtiens et les blancs

Jean Mapou
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