Editorial

La chronique de Jean MAPOU Comme dans un film… pas très beau, mais toujours trop vrai!

Par Jean Junior JOSEPH

Le dénommé Obed Joseph Alyas Kiki, principal suspect dans l’assassinat de la lycéenne Evelyne Sincère, est actuellement aux mains des forces de l’ordre. Jimmy Chérisier (Barbecue) lui avait conduit en état au sous-commissariat de Portail Saint Joseph au centre-ville de Port-au-Prince. Ce fut très beau comme spectacle; mais très vrai aussi: un bel coup de pouce à la PNH qui aurait peut-être des difficultés à mettre la main aux collets du suspect, pourvu que ce dernier, disait-on, devait avoir eu le temps de se volatiliser dans la nature.

Par Jean Junior JOSEPH

La vidéo, montrant Barbecue le chef de la fédération de gangs (G-9) en compagnie d’Obed, l’assassin présumé d’Evelyne Sincère, ligoté et prêt à être emmené dans un commissariat, est tournée en boucle sur les réseaux sociaux. Dans cette vidéo Barbecue pose les conditions pour livrer le gibier à la police. Mais tout le monde a pu remarquer sur le visage d’Obed un prévenu calme d’un sourire moqueur voilé mais trahissant la manœuvre qui était en train de se jouer. Jamais quelqu’un qui s’est retrouvé dans de sale situation n’a été aussi sûr de lui, on dirait qu’il connaissait déjà son sort.

Comme au cinéma, seul le spectateur ignore la fin de l’histoire. Dans cette mise en scène, seuls les esprits trop raffinés pour s’intéresser aux choses sublimes ou le citoyen lambda dans toute sa faiblesse, trop occupé à vivre au jour le jour, ne parviennent pas à entrevoir ce qui s’est passé derrière le rideau.

Quelqu’un qui est recherché par les forces de l’ordre se pointe dans un poste de police pour livrer un présumé assassin aux autorités, sans se faire arrêter lui-même. Ce n’est même pas une ironie, c’est tout simplement surréaliste. A vrai dire, quand j’ai été informé de l’événement, je me suis demandé où se cachent les autres membres du plateau (réalisateurs, directeur de photographie, designer, machiniste etc…)

On n’est pas dans l’art du faux semblant, pourtant nous avons comme l’impression que la ville est devenue une salle de cinéma où les acteurs sont médiocrement généreux.

La DCPJ qui détient actuellement Obed, a procédé à l’arrestation de deux autres présumés complices dans l’assassinat de la jeune lycéenne. Par quel artifice cette instance judiciaire de la PNH a récupéré Obed au sous-commissariat de Saint Joseph? Comment ont-ils fait pour se regarder en face, en pensant aux critiques qui les attendaient pour avoir laissé filer un repris de justice, alors que ce dernier en ramenant Kiki au poste a fait leur boulot à leur place. D’habitudes les policiers sont encagoulés pour ne pas faire face à la réalité qui les entoure. Ils se sont toujours masqués; ils ont toujours l’âme voilée…

Tout s’est toujours déroulé comme dans un film en Haïti. Cette fois-ci, la police a obtenu le rôle de figurant. Les bandits obtiennent depuis quelques temps les rôles principaux dans le film qui se joue en Haïti. Les événements politiques, l’insécurité, l’économie, l’environnement et j’en passe; les mobilisations, les dénonciations, pays lock, les interventions dans les médias tout fait partie du scénario. Des intellectuels, des artistes, des journalistes, des militants… tous de l’équipe du tournage… et passive, lâche ou peut-être résignée, la société spectatrice ne fait que se suspendre aux lèvres des hommes et des femmes de l’équipe, en dépit du spectacle si médiocre offert tous les jours dans la vie réelle des citoyens.


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