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Mon Intime Conviction : Haïti bientôt plus qu’un territoire perdu

Ce papier est dédié aux PDG de FcnHaïti, Dieumaitre Dessources
Ronald Louis Jean. Bellegarde Jean guybens. Arnold Junior Pierre. Stevenson
Jacques Saint-Louis Judex Velila…
Tous, victimes du drame de Carrefour-Feuilles

Le quartier Carrefour feuille, dans les limites de la banlieue «Savanne-pistache», était le dernier point de passage clandestin entre Port-au-Prince et le grand sud d’Haïti, depuis la prise de Martissan par le gang de « gran ravin » en 2021. Je dis passage clandestin, parce que quand la route principale était devenue impraticable, les usagers croyaient pouvoir utiliser cette voie pour échapper à la fureur des maitres du territoire perdu. Mais c’était en vain, car un autre gang leur faisait payer le droit de passage au bord du précipice de la localité de « Ti kajou ». Personne n’était sorti de l’auberge, on n’a fait que céder un territoire à un gang pour en faire des compromissions avec un autre; fuir Satan pour embrasser Lucifer.

Nous vivons comme dans les temps de guerre. Les crépitements d’armes automatiques remplacent tristement les chants d’oiseaux du crépuscule à l’aube. Nos jours sont comptés selon le compte à rebours des bandits et l’avenir conditionné d’après le bon vouloir de ces malfrats.

Ils enlèvent des gens contre rançon, pillent, incendient des maisons, chassant les familles de leurs demeures; ils volent, violent et tuent gratuitement. On s’interroge tous les jours sur leur motivation ou celle des crimes perpétrés. Sinon pourquoi restons là attendre dans le couloir de la mort. Sachant que son heure est comptée, on dirait que chacun essaie de vivre son maximum personnel: profiter de son dernier repas, sa dernière nuit avec son partenaire, son dernier anniversaire, bref sa dernière bouffée d’oxygene en attendant son exécution, sans rien tenter pour conjurer le danger.

On entend longtemps parler de prise de territoire ou plutôt perte de territoire pour les citoyens honnêtes et inoffensifs ou devrais-je dire des imbéciles inconscient et des résignés… des proies faciles pour nourrir les sanguinaires et les prédateurs. De carrefour à croix-des-bouquets, pas mal de territoires sont déjà perdus, sans oublier que la plupart de nos villes de provinces sont sous le contrôle et la loi des gangs.

Au-delà des quartiers perdus, il y a nos facultés de penser, nos capacités à décider de notre avenir, à entreprendre des projets… ne dépendent plus de nous. Tous nos mouvements, nos quotidiens sont contrôlés ou plutôt autorisés par les sbires. Tout est conditionné par l’insécurité.

Ce n’est pas que des territoires que nous sommes en train de perdre, c’est plutôt nous-même, notre dignité et notre bon sens. Toute notre existence tombera sous la coupe réglée des bandits. Je ne parle pas seulement des hommes armés dans les bidonvilles, mais également de ceux et celles qui cherchent à tout prix à maintenir ce statu quo, en alimentant l’insécurité pour en tirer profit. Gâchis total!

Nous n’avons plus rien à perdre, si nous avons déjà perdu notre droit de vivre et d’être des hommes et des femmes en toute dignité. Et c’est qui pourrait expliquer notre comportement laxiste devant cette imminente menace pour la postérité mais aussi pour le passé glorieux que nous avons construit ensemble dans l’amour et la fraternité.

Si nous continuons à accepter de céder des territoires aux bandits, nous finirons par céder nos existences; notre humanité, notre histoire, notre identité et tout ce qui fait de nous un peuple digne de ce nom. Nous serons peut-être toujours là ou pas, peu importe… car Haïti sera pire qu’un territoire perdu mais des âmes damnées.
Mon Intime Conviction!

Mon Intime Conviction : Haïti bientôt plus qu’un territoire perdu

Jean Mapou
[email protected]
+509 38 38 8653

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