La Chronique de Jean Mapou: le prix d’une petite trêve, le prix de notre liberté

La chronique de Jean MAPOU
Payer pour se taire ou pour bailler… il me semble Rafo a oublié une bien meilleure raison pour se faire payer en Haïti. Fauter des troubles ou observer une trêve, n’est-ce pas là une stratégie infaillible de tirer son épingle du jeu?
J’ai souvent entendu dire que tout a un prix, chacun à sa valeur marchande. Je me suis toujours demandé que vaut la vie pour ce qui gouverne? Quel le prix d’un haïtien? jusqu’à ce que je me rends compte que c’est une question à trois millions de dollars.
Trois millions c’est donc le prix d’un moment de répits. Ce n’est pas le montant payé pour la sécurité des citoyens, mais l’assurance que le projet macabre du référendum passera dans un climat apaisé, loin des troubles et de l’insécurité que le gouvernement a alimenté.
Après plus de deux ans depuis que le kidnapping fait rage dans le pays, pour la première fois les gangs ont accepté d’observer une trêve, qui pis est, ils en ont fait une propagande sur les réseaux sociaux, comme on le fait pour les aides déshumanisantes.
A partir de maintenant le referendum est dans deux mois, la trêve est pour cette même durée. La coïncidence n’est pas drôle… sinon elle est théâtrale. Alors pourquoi une trêve si on n’était pas en guerre? Cela signifie qu’ils sont en croisade mais contre qui…? Pourquoi maintenant?
Il ne faut pas chercher midi à quatorze heures; tout chose concoure au bien des «chefs». Ce n’est pas après le gouvernement qu’ils en ont eu, quand ils ont enlevé leurs propres semblables de la masse. La guerre est contre le peuple, pas même contre la société. Sinon pourquoi faciliter un climat propice au lieu de contrarier les projets de Jovenel Moise?
N’avons-nous pas déjà trop cher payé pour vivre en paix dans notre propre pays? Nos taxes à la consommation, nos impôts, les dons et les prêts internationaux, l’argent des projets au nom du peuple… en dépit de tout rien n’a changé. Quelle peuple tolérant! Nous payons pour notre silence complice.
À chacun sa part dans l’amalgame politique, même pour les chefs de gang le projet de referendum compte et coute beaucoup. Trois millions de dollars pour deux mois de plus dans le mode de vie haïtien; profitez en donc avant la date butoir. Et dites-moi, combien verserez-vous pour maintenir le peuple en vie jusqu’au 7 février 2022?
FCN

