Haïti: le RHAJAC réclame le départ d’Alix Didier Fils-Aimé et doute de la crédibilité des prochaines élections

Le Réseau haïtien des journalistes anti-corruption (RHAJAC) hausse le ton contre le gouvernement d’Alix Didier Fils-Aimé. Dans une note de presse publiée mardi, l’organisation estime que les conditions actuelles de sécurité ne permettent pas d’envisager l’organisation d’élections crédibles en Haïti.
Le RHAJAC reconnaît que les examens du baccalauréat ont pu être organisés dans plusieurs communes sous l’influence de groupes armés, mais considère que cette situation ne saurait constituer une garantie pour la tenue d’élections nationales. Selon l’organisation, des élections crédibles nécessiteraient au préalable le déploiement effectif des forces de l’ordre et le démantèlement des gangs.

Le financement électoral dans le viseur du RHAJAC
L’organisation s’en prend également aux dépenses publiques prévues pour le processus électoral. Elle dénonce des «décaissements destinés à financer des élections mort-nées», estimant que ces fonds pourraient, selon elle, bénéficier à des entreprises proches du pouvoir, au détriment d’une population confrontée à de graves difficultés économiques.
Le RHAJAC souligne par ailleurs que plusieurs communes et départements demeurent sous le contrôle de groupes armés. Il met également en avant l’absence de plusieurs partis politiques traditionnels et le nombre qu’il juge insuffisant d’électeurs inscrits pour contester la possibilité d’élections véritablement représentatives.
De lourdes accusations contre le gouvernement
Dans sa note, le RHAJAC formule également de graves accusations à l’encontre du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé. L’organisation lui reproche notamment d’avoir confié, selon elle, plusieurs missions régaliennes de l’État à des étrangers à travers des contrats qu’elle qualifie de frauduleux.
Elle affirme également que, depuis son arrivée à la Primature le 11 novembre 2024, aucun chef de gang n’aurait été neutralisé sous son gouvernement. Ces affirmations, qui relèvent de la position du RHAJAC, n’ont pas été accompagnées dans la note de documents permettant d’en établir indépendamment la véracité.
Face à cette situation, le réseau réitère sa demande de départ immédiat d’Alix Didier Fils-Aimé. Il préconise l’ouverture d’un dialogue national devant déboucher sur la mise en place d’un exécutif bicéphale, chargé notamment de rétablir la sécurité, de créer les conditions nécessaires à des élections crédibles et de mettre fin au cycle des gouvernements de transition.
Signée par Djovany Michel, secrétaire général du RHAJAC, cette prise de position intervient alors que le processus électoral haïtien se poursuit dans un contexte marqué par l’insécurité et le contrôle de vastes territoires par des groupes armés.
FcnHaĩti
