Washington sanctionne un haut responsable haïtien, mais tait son identité

Les États-Unis ont annoncé, lundi 24 novembre 2025, l’imposition de restrictions de visa à un haut responsable du gouvernement haïtien, accusé de collusion avec des gangs armés et d’entrave aux efforts nationaux et internationaux de stabilisation. La décision, relayée par l’agence Reuters, s’inscrit dans un climat politique déjà tendu à Port-au-Prince, à l’approche de l’échéance du 7 février 2026.
Selon Reuters, le Département d’État n’a pas révélé l’identité du fonctionnaire ciblé, précisant simplement que les visas éventuellement détenus par l’intéressé seront «immédiatement révoqués». Par cette mesure, Washington affirme vouloir adresser un avertissement clair aux acteurs haïtiens soupçonnés de contribuer à la déstabilisation du pays.
Dans un communiqué au ton ferme, le Département d’État a rappelé l’attachement de l’administration Trump à « la stabilité d’Haïti » et à la tenue « d’élections libres et équitables ». « Le peuple haïtien n’en peut plus de la violence des gangs, des destructions et des luttes politiques intestines. Ceux qui continuent de déstabiliser Haïti et notre région devront rendre des comptes », souligne le texte.
Une sanction qui tombe en pleine bataille politique interne
L’annonce intervient alors que le Conseil présidentiel de transition (CPT) s’enlise dans des discussions délicates autour du maintien ou du renvoi du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé. Les négociations portent également sur un éventuel remaniement ministériel et sur d’éventuels changements à la tête de la Police nationale d’Haïti. Ces tractations surviennent à moins de trois mois de la fin officielle du mandat du CPT, dont plusieurs membres font face à des accusations de corruption dans l’affaire de la Banque nationale de crédit (BNC).
Pour l’heure, aucune décision n’a été prise concernant l’avenir du Premier ministre, mais les pourparlers se poursuivent. Plusieurs diplomates en poste à Port-au-Prince ont exprimé leurs « vives préoccupations » quant à l’impact qu’un bouleversement majeur pourrait avoir sur la stabilité institutionnelle du pays à proximité du 7 février.
Washington hausse le ton face à la recrudescence de la violence
Cette mesure américaine s’ajoute à une mise en garde émise le 19 novembre par l’ambassade des États-Unis en Haïti. Dans un message alarmant, la mission diplomatique dénonçait une escalade de la violence, marquée par des appels à la « guerre ouverte » contre le gouvernement central. « C’en est assez de la violence des gangs et de la destruction », déclarait l’ambassade, exhortant les dirigeants haïtiens à s’unir contre la menace sécuritaire.
Washington prévenait alors que toute personne entravant le retour à une stabilité politique « doit s’attendre à des conséquences », dont la révocation de visas, une menace désormais concrétisée par la décision dévoilée lundi.
À mesure que s’approche la date du 7 février, l’avertissement américain résonne comme un signal de plus en plus pressant : la communauté internationale entend peser de tout son poids pour éviter un nouveau cycle d’instabilité au cœur de la transition haïtienne.
JJJ / FcnHaiti

