Une année scolaire encore dans l’impasse, l’ASPAEDH dénonce l’irresponsabilité des autorités

L’association des parents d’élèves d’Haïti (ASPAEDH) exprime ses vives préoccupations par rapport au déroulement cahoteux de l’année scolaire 2023-2024 dans la zone métropolitaine de Port-au-Prince particulièrement dans d’autres villes de province. En marge d’une conférence de presse en date du lundi 8 avril, le porte-parole de l’association, Fedner Confident, a fait part de ses réserves part rapport à la décision du ministère de l’Education nationale et de la Formation professionnelle (MENFP) de modifier le calendrier scolaire sans l’annonce d’aucune date précise pour la reprise des activités scolaires paralysées par la force des armes.
Une fois de plus, l’Association des parents d’élèves d’Haïti (ASPAEDH) fait une nouvelle sortie pour s’exprimer sur la conjoncture actuelle, à laquelle des établissements scolaires de l’aire métropolitaine de Port-au-Prince sont contraints de fermer leurs portes, il y a environ deux mois. Dans sa prise de position, cette structure par l’entremise de son porte-parole, a souligné que la situation de violence qui sévit dans le pays a de très graves conséquences sur le calendrier scolaire amputé d’au moins deux mois.
Touchant la plaie du doigt, le responsable déplore qu’en dépit de ses pladoyers pour la régularisation de la situation, les autorités ont fait la sourde oreille. En outre, l’association dit prendre note de la modification par le MENFP du calendrier scolaire autour duquel elle a exprimé ses réserves en ce qui a surtout trait à certaines écoles dont les portes sont encore fermées en dépit de cette modification du calendrier scolaire par le ministre Nesmy Manigat.
Dans la foulée, des responsables d’écoles privées s’estiment lésés par la décision du MENFP à cause de l’ajout d’un mois qu’ils vont devoir payer aux professeurs, selon ce qu’explique Fedner Confident, très critique envers la décision du MENFP d’annoncer uniquement la modification du calendrier scolaire après le dysfonctionnement des écoles au niveau de la capitale, en particulier et dans d’autres coins du pays.
« Est-ce possible de modifier un calendrier scolaire alors que la situation ayant précipité les écoles vers cette fermeture reste encore la même? Et le ministère n’est pas en mesure de se prononcer sur la date exacte de la reprise des classes », s’est demandé Fedner Confident soulignant au passage le risque qu’il y ait une prochaine modification dans ledit calendrier compte tenu bien évidemment du flou laissé par le MENFP autour de la reprise effective des activités scolaires dans l’aire métropolitaine de Port-au-Prince, en particulier.
« L’école ne peut en aucun cas symboliser le mal comme le veulent faire croire certains responsables », rage le porte-parole de l’association pour qui 2023 -2024 reste et demeure une année scolaire encore dans l’impasse. Cependant, le responsable se dit très préoccupé par la situation au point de lancer des appels à d’autres secteurs de la société civile en vue d’un sursaut collectif pour sauver l’éducation en Haïti en dépit des difficultés que l’on sait.
Parallèlement, le chef de file de L’ASPAEDH a également touché le dossier du fonds national de l’éducation (FNE) qui occupe les médias depuis quelques temps avec un directeur général et des membres de son équipe présumément indexés dans ce qui s’apparenterait à de la corruption.
« Il est bruit qu’il y aurait corruption au sein du FNE. Mais nous autres de L’ASPAEDH ne sommes pas en mesure de dire s’il y’a corruption ou non. Cependant, nous avons des doutes légitimes sur la question en raison d’un sérieux manque de transparence sur le fonctionnement de l’institution », a expliqué monsieur Confident, renvoyant ainsi la balle aux pieds des institutions républicaines compétentes, chargées de faire lumière sur le dossier, à savoir notamment la Cour supérieure des comptes et du contentieux administratif (CSC/CA) et l’unité de lutté contre la corruption (ULCC).
« Des enfants en âge de fréquenter l’école sont encore dans les rues, les écoles ne sont pas construites, alors que le fonds a été créé pour pallier à tout ça et renforcer le système éducatif qui reste encore presque le même. Mais tout ça ne nous donne pas le droit de dire qu’il y’a corruption », a lâché précautionneusement le porte-parole de L’ASPAEDH qui dit avoir confiance dans les institutions judiciaires du pays hautement placées pour sévir contre les dilapidateurs des fonds du FNE.

