Politisation de la BSAP: des associations écologiques lancent une mise en garde au CPT

Le Conseil présidentiel de transition a récemment adopté une résolution visant à impliquer la Brigade de sécurité des aires protégées (BSAP) dans la lutte contre les gangs armés. Si, pour certains, cette décision semble répondre à un besoin sécuritaire urgent du pays, mais quant aux organisations écologistes, notamment le Mouvement d’Appui pour le Développement des Collectivités Territoriales Haïti (MADECTH) et le Groupe d’Intervention Écologique d’Haïti (Ecovert-Haïti), elles expriment leur vive préoccupation quant à la politisation de la BSAP par le CPT, affirmant que cette décision aura des conséquences néfastes pour la préservation de l’environnement et la sauvegarde des aires protégées en Haïti.
Des organisations écologistes, notamment le Mouvement d’Appui pour le Développement des Collectivités Territoriales Haïti (MADECTH) et le Groupe d’Intervention Écologique d’Haïti (Ecovert-Haïti), tirent la sonnette d’alarme face à la dernière mesure prise par le CPT pour impliquer la Brigade de sécurité des aires protégées (BSAP) dans la lutte contre les gangs armés. Dans leurs positions, les défenseurs de la nature, ont fait savoir que depuis des années, le pays est plongé dans une crise environnementale aiguë, aggravée par le manque de protection de ses écosystèmes. Dans ce contexte de crise multidimensionnelle, il est compréhensible que des mesures exceptionnelles soient envisagées.


Toutefois, pour les organisations écologistes, toute solution sécuritaire ne devrait pas se faire au détriment d’autres secteurs tout aussi vitaux, comme l’environnement. “En transformant officiellement la BSAP en force de sécurité publique, on la détourne de sa mission environnementale. Pour nous, organisations écologistes, cette décision soulève des questions auxquelles le CPT doit répondre sans délai: Qui protégera désormais nos aires protégées? Qui assurera la surveillance de nos sites naturels menacés ? Quelle entité remplacera la BSAP pour défendre ce qui reste de notre patrimoine écologique ?”, s’interrogent les structures engagées dans la cause environnementale.
Il ne faut pas oublier que la déforestation, l’érosion, le tarissement des sources, l’assèchement des rivières et la perte de biodiversité affectent déjà des millions de personnes. La réduction de la Forêt des Pins à 12 000 hectares sur les 30 000 d’origine, et celle du Parc National La Visite à moins de 2 000 hectares, en sont des exemples frappants.
“Sans surveillance, les écosystèmes continueront à être pillés, et les conséquences seront dramatiques : baisse de la pluviométrie, famine, insécurité alimentaire, déplacements forcés et disparition des moyens de subsistance ruraux. Si la BSAP mérite d’être réformée, réévaluée, voire épurée, ce doit être dans le but de renforcer sa capacité de surveillance environnementale, et non de la politiser ou de la militariser. À défaut, c’est l’environnement tout entier qui en paiera le prix”, ont averti les organisations écologiques dans leur dernière note d’alerte.
A rappeler que la Brigade de sécurité des aires protégées (BSAP), créée officiellement en 2016 comme bras armé de l’Agence nationale des aires protégées (ANAP), a pour mission fondamentale de protéger les parcs nationaux, les forêts, nos réserves naturelles et historiques. Sa présence, bien que limitée, avait commencé à redonner espoir dans la lutte contre la destruction systématique de notre patrimoine écologique.
FCN/Haïti

