Editorial

Mon Intime Conviction: «Personne n’est en sécurité en Haïti», propos de Fritz Alphonse Jean, avouant l’échec du CPT

Par Jean MAPOU

Fritz Alphonse Jean a mis en lumière les échecs de la transition à établir la sécurité en vue d’organiser les élections et amener le pays sur la voie d’une gouvernance stable.

Le Conseil Présidentiel de Transition s’est avoué vaincu à travers ces propos de Fritz Alphonse Jean, actuellement à la tête du CPT. «Personne n’est en sécurité en Haïti» cette déclaration du nouveau coordonnateur du CPT, lors d’une entrevue accordée au journal dominicain Listín Diario, a eu effet d’une bombe.

En effet pour évoquer les causes profondes de la violence dans le pays, il a indiqué quatre facteurs clés: les trafiquants de drogue, les trafiquants d’armes et de munitions, les réseaux de blanchiment d’argent et, enfin, le trafic d’organes.

Les sanguinaires de la coalition Viv Ansanm continuent d’assiéger des territoires, prenant les populations au piège de la violence armée. Ils imposent leurs propres règles de vie, violent, pillent et tuent les citoyens, punissant avec le dernière atrocité ceux qui se permettent de défier leur règle.

Mis à part le quartier de Canapé-Vert et quelques autres endroits non encore assiégés, la coalition Viv Ansanm contrôle presque toute la capitale haïtienne ainsi que plusieurs autres régions du pays. La commune de Mirebalais, la dernière en date à etre adjointe aux butins des bandits, après avoir essayé de résister à de violentes attaques.

Les récents événements à Mirebalais ayant causé la mort d’une trentaine de personnes, dont deux religieuses, et provoqué une évasion massive à la prison civile de plus de 500 détenus, ont révélé le caractère impuissant du pouvoir en place. Des promesses sans lendemain aux feintes d’un État qui fonctionne pour leurrer les plus faibles d’esprit, le CPT et le Gouvernement Fils-Aimé se sont plongés dans déni de la vérité, jusqu’à croire que le bien-être serait un mensonge en Haïti.

Dans une adresse à la nation le 3 avril dernier, à l’occasion du premier anniversaire du CPT, Fritz Alphonse Jean, debout comme un pantin, a promis de résoudre le problème de l’insécurité et d’organiser des élections pour remettre le pouvoir à des autorités légitimes le 7 février, Dieu seul sait en quelle année.

Comme un pari perdu d’avance, la transition semble n’avoir jamais été dans la course, alors que les bandits se renforcent pour élargir leur contrôle de territoires. Ils ont même attaqué l’hélicoptère du gouvernement, le seul moyen de déplacement des autorités fuyant les gangs autant que le peuple.

Le bilan des actes de violence, en terme de pertes en vies humaines, de pillages, de maisons incendiées, d’infrastructures de services de bases détruits et du nombre des déplacés internes, se fait de plus en plus lourd.

Compromise sur toute la ligne, la stratégie des forces de l’ordre peine à produire des résultats durables en matière de sécurité est obsolète, inefficace, en dépit de certains efforts. La capitale haïtienne, sous la coupe des gangs à près de 85 %, sombre peu à peu dans l’abîme infernal et ressemble à une zone de guerre.

De l’autre côté, crise multidimensionnelle s’enlise, avec des polémiques insignifiantes, au sein du pouvoir, pour des motifs balivernes avec des motivations inavouables et inavoués… La solution n’est pas pour demain.

Qui est en sécurité en Haïti?

Mon Intime Conviction

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