L’organisation Idantite Nasyonal dénonce l’ingérence condescendante des États-Unis dans les affaires d’Haïti

L’organisation nationaliste et de défense de la justice sociale Idantite Nasyonal a publié ce mardi une note d’indignation dénonçant ce qu’elle qualifie de domination continue des États-Unis sur Haïti, un siècle après l’occupation militaire américaine de 1915.
Selon l’organisation dirigée par Danielo Fequière (président) et Edelyne Vertus (secrétaire), les mécanismes mis en place durant cette occupation continuent d’affecter la souveraineté nationale. Dans son communiqué, le mouvement rappelle que l’occupation, initiée sous l’administration du président américain Woodrow Wilson, avait entraîné des conséquences profondes sur les institutions haïtiennes, dont la Constitution de 1918, rédigée sous pression, qui «a ouvert la terre et les ressources nationales aux étrangers», en contradiction avec les principes de la Constitution de 1805.

L’organisation établit également un parallèle avec la situation actuelle, accusant l’administration du président américain Joe Biden d’imposer un exécutif fantoche en Haïti depuis avril 2024 et de chercher à affaiblir la Constitution de 1987.
«Même après le départ officiel des Marines en 1934, l’occupation a laissé un système néocolonial qui perdure aujourd’hui sous des formes diplomatiques, financières et politiques», souligne la note.
Idantite Nasyonal invite la population haïtienne à ne pas oublier les épisodes sombres de l’histoire, notamment les travaux forcés (kòve) et la répression sanglante contre les résistants, Kako. Pour ses dirigeants, seule une réappropriation de la mémoire historique peut servir d’arme de libération.

En ce sens l’organisation lance un appel:
à renouer avec l’idéologie nationaliste comme protection contre la violence institutionnelle internationale;
à se lever contre les modèles de dépendance économique et diplomatique;
à lutter pour la dignité, la liberté et la souveraineté du pays.
«Nou pa pou vann, nou pa pou sèvi kòm pyon. Nou se pèp ki make listwa. E nou dwe make lavni», conclut la déclaration, qui revendique un idéal inspiré de l’héritage de Jean-Jacques Dessalines.
Si cette sortie trouve écho auprès de certains secteurs militants, elle intervient dans un contexte de fortes tensions politiques et diplomatiques, alors que le débat sur une éventuelle réforme constitutionnelle continue d’alimenter les crispations.
FcnHaïti
