Le RHAJAC dénonce un «système mafieux» autour du blocage du Grand Sud

Le Réseau haïtien des journalistes anti-corruption (RHAJAC) tire la sonnette d’alarme sur ce qu’il qualifie de «système criminel structuré» exploitant le blocage de l’entrée terrestre du Grand Sud afin de générer des profits colossaux au détriment de la population.
Dans une note de presse publiée ce jeudi, l’organisation affirme que certains réseaux économiques, opérateurs maritimes, gangs armés et policiers corrompus participeraient à un vaste mécanisme d’extorsion et de contrôle du transport entre Port-au-Prince et les départements du Sud.

Le RHAJAC s’appuie notamment sur des déclarations faites il y a plusieurs semaines par le coordonnateur général du Mouvement unifié des transporteurs haïtiens (MUTH), Diclos Bénissoit, lors de l’émission Haïti Dekante sur Radio Télé Ginen. Selon lui, des acteurs opérant dans le transport maritime collaboreraient avec des groupes armés afin d’empêcher la reprise normale de la circulation terrestre entre Mariani et Gressier.
D’après les révélations rapportées, des propriétaires de véhicules seraient contraints de débourser entre 1 500 et 3 000 dollars américains pour transporter leurs voitures par voie maritime. Certains camionneurs paieraient également jusqu’à 500 000 gourdes pour traverser des zones sous contrôle de gangs armés.

Le système dénoncé serait particulièrement lucratif. Plus de 32 bateaux assureraient actuellement cette liaison maritime imposée, générant près de 54 millions de dollars américains par mois, selon les chiffres avancés par le dirigeant syndical. Pendant ce temps, les habitants du Grand Sud continuent de subir une flambée des prix, des pénuries de produits essentiels et une aggravation de la crise économique.
Le RHAJAC rappelle également que le Directeur général de la Police nationale d’Haïti (PNH), avait publiquement reconnu que le blocage des routes nationales représente d’importants intérêts économiques et ne profite pas uniquement aux groupes armés.
L’organisation évoque aussi les dénonciations répétées des médias concernant de présumés liens entre les hommes d’affaires et avec le climat d’insécurité paralysant l’accès au Grand Sud. Le RHAJAC souligne que malgré les sanctions imposées par le Canada contre Steeve Khawly en mars 2023 ainsi que les controverses liées au dossier du produit contaminé «Riz Chef», les réseaux dénoncés continueraient d’opérer en toute impunité.
Face à cette situation, le RHAJAC exige l’ouverture immédiate d’une enquête policière indépendante sur les revenus générés par ce système ainsi que sur les allégations de complicité impliquant certains policiers et acteurs économiques.
Pour le RHAJAC, le maintien du blocage pendant plusieurs années sans intervention significative des autorités renforce les soupçons d’une protection politique ou d’une tolérance volontaire accordée aux réseaux impliqués.
La note est signée par Djovany Michel, secrétaire général du RHAJAC.
FcnHaĩti

