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Le CNO-NH et ses alliés dénoncent le pacte national pour la stabilité et l’organisation des élections et réclament un dialogue élargi

Le mercredi 25 février 2026, le Congrès National d’Ouanaminthe pour une nouvelle Haïti (CNO-NH) a marqué sa rupture avec le pacte paraphé par le Premier ministre de la transition, Alix Didier Fils-Aimé, en compagnie de divers acteurs sociopolitiques. La structure estime que cet accord, conclu sans une participation suffisamment large, ne constitue pas une réponse à la hauteur des impératifs d’inclusion indispensables pour conduire le pays hors de l’impasse actuelle.

Réuni en conférence de presse à l’Hôtel Kinam, le Congrès National d’Ouanaminthe pour une nouvelle Haïti (CNO-NH) et ses alliés ont vivement critiqué la démarche ayant conduit à la signature du pacte de gouvernance, qu’il juge déconnectée des principes d’une véritable inclusion nationale. Le CNO à travers ses dirigeants déplorent notamment l’absence de consultations préalables avec l’ensemble des forces vives du pays, estimant qu’un tel processus compromet la portée et la légitimité de toute initiative visant à résoudre la crise.

Pour les dirigeants politiques, une sortie durable de l’impasse passe nécessairement par une approche plus ouverte, fondée sur la transparence et la participation effective de tous les secteurs concernés. D’après les hommes politiques du CNO-NH, l’exclusion de plusieurs acteurs politiques et sociaux risque d’affaiblir la transition en cours et de creuser davantage le fossé entre les institutions et la population.

Plaidoyer pour un dialogue national et un cadre de transition clarifié

Dans cette perspective, le CNO-NH et ses alliés plaident pour la tenue d’un dialogue national élargi rassemblant partis politiques, organisations de la société civile, confessions religieuses, secteur privé, mouvements de jeunes et de femmes, ainsi que des représentants de la diaspora haïtienne. Une telle démarche, soutiennent-ils, permettrait de dégager un consensus minimal autour des priorités nationales.

Par ailleurs, le président du CNO-NH dirigé par l’ex sénateur Amis André, insiste par ailleurs sur la nécessité de définir avec clarté les objectifs, le calendrier et les mécanismes de fonctionnement de la transition. Le rétablissement de la stabilité institutionnelle, la reconstruction de la confiance entre les acteurs politiques et les citoyens, ainsi que la mise en place des conditions indispensables à la réalisation d’élections libres, inclusives et crédibles figurent, selon elle, parmi les axes fondamentaux à privilégier.

Enfin, le CNO-NH et ses alliés recommandent la création d’une instance indépendante de contrôle chargée de veiller à la transparence du processus et au respect des engagements pris par les différentes parties prenantes. Une telle structure constituerait, à ses yeux, un gage de crédibilité et de fiabilité pour la conduite de la transition politique.

La société civile monte au créneau et avance ses propres pistes

Intervenant lors de cette conférence au nom du Groupe de Réflexion pour Haïti (GRH), Paul Latortue a remis en question la validité du pacte, qu’il qualifie à la fois d’inconstitutionnel et d’impopulaire. À ses yeux, la défiance populaire est manifeste. La population, affirme-t-il, ne se reconnaît ni dans le contenu de l’accord ni dans ses signataires. Dans ces conditions, soutient-il, le gouvernement de Alix Didier Fils-Aimé perçu comme imposé et en dehors du cadre constitutionnel ne saurait garantir ni la stabilité politique ni l’organisation d’élections crédibles.

À cet effet, le représentant du GRH préconise l’instauration d’un exécutif bicéphale, tout en reconnaissant que les modalités de désignation d’une telle structure restent à définir. Il appelle parallèlement à la tenue d’une conférence nationale inclusive, destinée à fixer les grandes priorités du redressement national en associant l’ensemble des composantes de la société.

Dans la même veine, le Groupe de Réflexion pour Haïti (GRH), propose la mise en place d’un mécanisme de suivi et de contrôle appelé à pallier l’absence de Parlement. Cette instance aurait pour mission de veiller au respect des normes, de garantir la transparence des décisions et de renforcer la redevabilité dans la gestion de la transition.

Paul Latortue a également dénoncé ce qu’il considère comme une utilisation contestable des fonds publics, évoquant notamment le décaissement de neuf millions de dollars au profit de firmes de lobbying à l’étranger, alors qu’une large frange de la population continue de vivre dans des conditions de précarité extrême. Il insiste, de ce fait, sur l’urgence de mettre en place un gouvernement provisoire capable de réhabiliter les infrastructures, d’assurer le fonctionnement régulier de l’État et d’administrer la République dans la transparence et le sens des responsabilités.

FCN/Haïti

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