L’aéroport international du Cap-Haïtien, porte d’entrée du Nord, offre une image indigne d’une ville à vocation touristique

L’aéroport international du Cap-Haïtien, principale porte d’accès à la région Nord, projette une image déplorable, en totale contradiction avec les ambitions touristiques de la ville. Fuites d’eau récurrentes, installations vétustes, sanitaires insalubres et désorganisation à l’entrée sont autant de problèmes majeurs pour cette infrastructure censée accueillir des voyageurs étrangers, ont constaté des visiteurs et voyageurs. Un espace qui devrait être soigneusement entretenu se transforme ainsi en un bâtiment défaillant, incapable de refléter la qualité et le sérieux que mérite la ville.
L’aéroport du Cap-Haïtien, autrefois vitrine du Nord, est désormais envahi par le désordre, la saleté et la décrépitude. Ce que découvrent désormais les voyageurs relève d’une véritable honte nationale. À chaque pluie, des seaux doivent être placés à l’intérieur du bâtiment pour recueillir l’eau qui s’infiltre de toutes parts, révélant l’état alarmant des installations et le manque criant d’entretien.

Les dirigeants haïtiens et les personnes en charge de cet aéroport donnent l’impression d’avoir totalement renoncé à leurs responsabilités, faisant preuve d’un manque criant de sérieux, de vision à long terme et de respect aussi bien envers la population locale qu’envers les visiteurs étrangers. Or, un aéroport ne saurait être réduit à un simple édifice fonctionnel, il constitue la première vitrine d’un pays, le premier contact entre une nation et le reste du monde.
Comment promouvoir le tourisme dans ces conditions ?
Comment peut-on, dans ces conditions, prétendre promouvoir le tourisme, attirer des investisseurs ou redorer l’image du pays, alors que l’aéroport se transforme en passoire à la moindre pluie ? Les fuites d’eau, causées par des installations anciennes et rongées par la rouille, témoignent d’années de négligence et d’absence d’entretien. À cela s’ajoute l’état alarmant des sanitaires, devenus pratiquement impraticables en raison de leur insalubrité et des odeurs persistantes, tandis que le personnel censé assurer l’entretien et la supervision brille par son absence ou son indifférence. Une telle situation traduit un abandon manifeste de l’intérêt public et un mépris inquiétant des normes les plus élémentaires de dignité et de salubrité.
Outre celà, la situation est aggravée par le manque total d’organisation à l’entrée de l’aéroport. Des groupes de personnes non encadrées harcèlent les passagers dès leur arrivée, créant un climat de tension, d’inconfort et parfois de peur. Ce désordre, toléré sous le regard passif des autorités, renforce l’image d’insécurité déjà largement associée à Haïti sur la scène internationale. Il est inacceptable que la première expérience vécue par un visiteur soit marquée par la confusion, l’insalubrité et l’abandon institutionnel.
Où sont passés le ministre du Tourisme, le DG de l’AAN et le Ministre des travaux publics ?
Alors que l’aéroport international du Cap-Haïtien se délite sous les yeux de tous, laissant les voyageurs face à des fuites d’eau, des installations vétustes et des sanitaires insalubres, le ministère du Tourisme et des Industries créatives (MTIC) et le directeur général de l’Autorité Aéroportuaire Nationale (AAN) semblent avoir disparu de la scène. Que font réellement le ministre du Tourisme, Herrick Dessources, et le directeur général de l’AAN, Yves Ducarmel François et le ministredes Travaux publics, Transportset Communications (MTPTC), pour garantir le bon fonctionnement de cette infrastructure stratégique ? Se contentent-ils de percevoir leur salaire depuis le confort de leurs bureaux, sans jamais descendre sur le terrain pour constater l’état alarmant des lieux et agir concrètement ?
L’absence d’action soulève une question plus large. Le tourisme haïtien se construit-il seulement sur des discours et des promesses, ou existe-t-il une volonté réelle de rénover, moderniser et sécuriser les infrastructures indispensables pour accueillir dignement les visiteurs ? Pendant que la 2e ville du pays et ses habitants subissent les conséquences de cette négligence, ministre Herrick Dessources semble incapable ou peu disposé à assumer son rôle. La population et les étrangers méritent des réponses claires, des actions concrètes et des engagements sérieux, pas des excuses ni l’indifférence.
Une responsabilité gouvernementale incontournable
Les autorités compétentes ne peuvent plus se permettre de fermer les yeux ou de minimiser l’ampleur du problème. Gouverner ne se limite pas à occuper un poste ou à multiplier les discours; gouverner, c’est anticiper, agir, contrôler et assumer pleinement les responsabilités liées à la gestion des biens publics. L’aéroport du Cap-Haïtien, en tant qu’infrastructure stratégique pour le développement économique et touristique du Nord du pays, mérite une attention immédiate et des actions concrètes.
Si rien n’est entrepris dans les plus brefs délais, les conséquences seront lourdes, les touristes continueront à se détourner de la destination, les opportunités économiques s’amenuiseront et, plus grave encore, la dignité du pays continuera d’être piétinée. Le Cap-Haïtien mérite mieux que cette négligence chronique. Haïti mérite une gouvernance à la hauteur de ses ambitions et du respect dû à son peuple.
Les autorités cités dans l’article peuvent mettre en évidence leurs réalisations pour prouver le contraire et vendre une autre image du tourisme.
FCN/Haïti
