L’activiste politique Jean Claudel Merismas appelle à rompre avec 40 ans de crises

Quarante ans après le 7 février 1986, l’espérance née de la chute de la dictature demeure inachevée. Le temps a passé, chargé de promesses brisées, de transitions avortées et de lendemains sans lendemain. À la veille d’un nouveau 7 février, alors que l’histoire semble une fois de plus retenir son souffle, Jean Claudel Merismas estime qu’Haïti se trouve à l’un de ces carrefours rares où un peuple peut encore choisir son destin. Pour lui, l’heure n’est plus aux rendez-vous manqués, mais à la rupture consciente avec les cycles du passé « kase randevou ak listwa », afin d’ouvrir enfin une page neuve dans le livre tourmenté de la nation haïtienne.
Du 7 février 1986 au 7 février 2026, quarante années se sont écoulées comme un long passage semé d’élans démocratiques, mais aussi de fractures répétées, de transitions inabouties et d’une insécurité devenue chronique. Pour Jean Claudel Merismas, ce temps n’est pas seulement une mesure historique, il est un cycle, et un cycle que la nation ne peut plus se permettre de répéter. « Sa n ap tann jodi a, se plis pozitif pou peyi a pase sa n ap sibi depi twòp tan », affirme-t-il, traduisant l’impatience d’un peuple en quête d’un horizon nouveau et soulignant l’urgence d’un changement de trajectoire.

Selon l’activiste, le débat politique ne peut plus se perdre dans des calculs étroits ou des intérêts partisans. Il doit, dit-il, ramener Haïti au cœur de toute démarche et faire des aspirations du peuple haïtien sa boussole. Jean Claudel Merismas appelle ainsi à des négociations politiques responsables, lucides et sincères, capables de faire émerger un accord inclusif seule assise possible, à ses yeux, d’une transition à la fois crédible et légitime.
Au centre de cette vision se trouve un principe qu’il considère comme non négociable : la sécurité et les élections. Pour lui, ces deux piliers forment le socle indispensable de toute sortie de crise. Il plaide pour un accord politique structuré autour du couple indissociable « Sécurité + Élections », convaincu qu’aucun scrutin ne saurait être crédible sans un climat sécuritaire minimal, et qu’aucune autorité ne peut prétendre s’inscrire dans la durée sans la sanction des urnes.
Dans cette perspective, Jean Claudel Merismas appelle à une vaste concertation nationale, rassemblant l’ensemble des forces vives du pays, partis politiques, organisations de la société civile, structures de base, jeunesse et diaspora. Dépasser les clivages, consentir à «mettre ensemble» les volontés et les énergies, apparaît pour lui comme une condition essentielle à l’édification de l’autre Haïti, celle que la majorité de la population appelle de ses vœux.
À la veille du 7 février 2026, M. Merismas adresse ainsi un message grave et solennel à la conscience nationale. Il exhorte les acteurs politiques et sociaux à rompre avec les cycles de crises et de rendez-vous manqués qui ont jalonné l’histoire récente du pays. Sécurité et élections, soutient-il, doivent devenir les portes d’entrée d’une Haïti réconciliée avec elle-même, apaisée et résolument tournée vers l’avenir.
« Nou kase randevou ak listwa », conclut-il, non comme un slogan, mais comme un appel profond à refonder l’action politique et à redonner chair à l’espérance démocratique.
FCN/Haïti

