L’Accord de Montana saisit le Sénat américain et le chef de l’opposition officielle du Canada sur la souveraineté d’Haïti

Dans deux correspondances datées du 16 février 2026, adressées aux plus hautes instances du Congrès américain et le chef de l’opposition officielle du Canada, les signataires du comité de pilotage de l’Accord de Montana expriment leur inquiétude face à ce qu’ils qualifient de pressions diplomatiques sur la transition haïtienne et appellent au respect strict des principes de souveraineté et d’autodétermination du peuple.
À travers ces lettres ouvertes, notamment celle adressée au congrès américain, l’Accord de Montana exhorte les autorités américaines et canadienne à clarifier leur position sur la gouvernance haïtienne et à réaffirmer leur attachement à la non-ingérence dans les affaires internes du pays.

À travers ces correspondances, le comité de pilotage de l’Accord de Montana replacent leur démarche dans une perspective historique. Ils rappellent le rôle déterminant d’Haïti dans la lutte pour la liberté des peuples et le poids de l’indemnité de 1825 ainsi que de l’occupation américaine de 1915 à 1934, qu’ils considèrent comme des facteurs ayant durablement affaibli les institutions nationales.
Les signataires affirment ne pas agir par ressentiment, mais par souci d’éviter la répétition de pratiques contraires à l’autodétermination. Ils se disent préoccupés par des informations faisant état de pressions exercées par le chargé d’affaires américain sur des responsables haïtiens afin d’empêcher certaines décisions des autorités de transition.
La Convention de Vienne invoquée
Selon le document, de tels agissements, s’ils étaient confirmés, constitueraient une violation de la Convention de Vienne sur les relations diplomatiques ainsi que des principes de non-ingérence consacrés par la Charte de l’Organisation des États américains.




Le Comité de pilotage conteste par ailleurs la légitimité de l’actuel chef du gouvernement, qu’il présente comme dépourvu de mandat électif et de consensus national. Son maintien au pouvoir contribuerait, selon les signataires, à l’aggravation de l’instabilité institutionnelle et de la méfiance populaire.
La lettre évoque également la présence présumée d’acteurs privés étrangers dans le domaine sécuritaire. Une telle situation, en l’absence de cadre légal et de contrôle démocratique, représenterait une menace pour les droits humains et la souveraineté nationale.
Le Sénat américain interpellé
S’adressant directement aux sénateurs américains, les auteurs demandent si les États-Unis entendent soutenir des dirigeants non élus en Haïti et appellent à l’ouverture d’enquêtes sur la conduite de leur représentation diplomatique.

Les interrogations faites au chef de l’opposition officielle du Canada
L’assemblée des signataires de l’accord de Montana interrogent le Canada au regard du rôle historique du Canada en tant qu’État attaché au multilatéralisme, à la primauté du droit et à la défense des valeurs démocratiques, nous nous permettons de vous poser, avec respect et gravité, les questions suivantes :
- Le Canada entend-il soutenir ou tolérer des arrangements politiques en Haïti qui ne reposent ni sur la volonté populaire ni sur un consensus national inclusif ?
- Le Canada accepte-t-il que des pratiques contraires au droit international et aux principes démocratiques contribuent à prolonger la crise haïtienne ?
Nous refusons de croire qu’une telle orientation puisse refléter la volonté du peuple canadien ou de ses représentants élus. Le Parlement du Canada, et en particulier l’opposition officielle, a démontré à maintes reprises sa capacité à exercer un contrôle rigoureux de l’action gouvernementale en matière de politique étrangère.
C’est dans cet esprit que nous en appelons aujourd’hui à votre responsabilité politique et institutionnelle.
Nous estimons respectueusement qu’il relève de votre autorité :
- d’interpeller le gouvernement canadien sur sa politique à l’égard d’Haïti ;
- de promouvoir une position canadienne fondée sur le respect strict de la souveraineté haïtienne ;
- d’encourager une solution véritablement haïtienne à la crise, inclusive, démocratique et conforme au droit international, lit-on dans la lettre.
Alix Didier Fils-Aimé a-t-il un mandat?
« Monsieur Fils-Aimé ne dispose d’aucun mandat électif, d’aucune légitimité populaire et d’aucun consensus national. Son maintien à la tête du gouvernement, contre la volonté exprimée d’une large majorité des forces politiques et sociales du pays, aggrave l’instabilité institutionnelle, accentue l’insécurité et érode davantage la confiance de la population dans l’autorité de l’État », ont affirmé les signataires de l’assemblée du comité de pilotage de l’accord de Montana.




En concluant ces lettres, les signataires se déclarent favorables au dialogue et à la coopération internationale, ils réaffirment leur attachement au droit du peuple haïtien de décider librement de son avenir et au respect de la souveraineté nationale.
FCN/Haïti

