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La chronique de Jean Mapou: Mon intime conviction

Par Jean Junior JOSEPH

Chaque 3e jour du mois de mai, on cherche tant bien que mal le verbe qui tient la route… Commémorer ou Célébrer? A chaque fois, situation oblige, l’occasion n’est pas favorable, mais on n’a toujours pas eu le temps d’en faire un débat en profondeur. Peut-être qu’on devrait consacrer quelques secondes pour y penser

L’occasion ne sera pas favorable, elle ne l’a jamais été d’ailleurs. Le temps n’est toujours pas à la fête; trop de difficultés à gérer ou trop d’hypocrisie parmi nous.

Pour les difficultés nous saurons peut-être un jour quoi faire. Quant à l’hypocrisie je sais trop quoi dire de celle-ci, devenue d’usage chez-depuis quelque temps; (ipokrit se lizaj). Je n’ai guère l’intention de faire l’étalage de tout ce qui remet en cause la notion de liberté de la presse ou la dimension existentielle même de cette presse haïtienne. Sa nature, son comportement face aux gens… sa posture devant la force des choses.

Si la santé de la démocratie moderne dépend de la pleine jouissance de la liberté de la presse, en Haïti la démocratie est peut-être déjà morte. Notre presse est gangrenée jusqu’aux os ,le mal est chronique et endémique. Hormis les problèmes de traitement et de cadre de travail répondant aux standards internationaux, le diagnostique est plus inquiétant.

Nous avons grand besoin d’une cure (de désintoxication). Etre un bon journaliste attaché aux règles déontologiques et d’éthiques est presque synonyme de pauvreté. Le journaliste honnête et crédible doit se soumettre aux exigences les plus rigides d’une classe d’Hommes dans la société, comme s’il doit-être puni impitoyablement pour avoir fait choix d’avoir son opinion et de l’exprimer librement.

Comment définir la notion de liberté de la presse quand le concept liberté individuelle résonne comme un slogan creux et vide de sens? Quand, de la morale à l’économie en passant par la politique ou la culture la vérité de l’éditorial est ce qu’elle est par la valeur marchande du journaliste et le rôle qu’il doit jouer se défini par la place qu’il occupe dans le système de non-valeur et du non sens.

La vérité et la liberté sont devenues ce qui est monté de toutes pièces, réglementées et autorisées à être publié, de sorte que nombre de journalistes sont devenus la caisse de résonance de la vérité du système pourri, la presse fonctionne machinalement bien et tout le monde en tire profit.

Encore une fois ce 3 mai nous n’avons plus rien à célébrer ni le soucis de commémorer en réfléchissant sur l’essence même de ce qui est essentiel au journalisme: LA LIBRE EXPRESSION De SON OPINION… Je sais que ces remises en question ne vont peut-être rien faire bouger dans le bon sens des choses, mais c’est mon intime conviction. Respecte-la!

FCN

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