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Éducation : des directeurs d’écoles protestent devant le MENFP pour exiger des actions concrètes

Des dizaines de directeurs d’écoles ont organisé ce lundi 28 avril 2025, un sit-in devant les locaux du ministère de l’Éducation nationale et de la Formation professionnelle (MENFP), à Delmas 83. Par cette mobilisation, ils expriment leur colère face à l’inaction des autorités, alors que le système éducatif haïtien, particulièrement dans la région métropolitaine de Port-au-Prince, s’effondre sous les coups de la violence armée et de l’insécurité persistante.

Les gangs armés ont pris le contrôle de plusieurs zones de la capitale, forçant ainsi des milliers d’écoliers à abandonner leurs études ou à fuir les zones dangereuses. Selon les dernières données de l’UNICEF, 47 écoles ont été détruites en janvier 2025 et au total, 284 établissements ont été endommagés ou fermés au cours de l’année 2024. Geetanjali Narayan, la représentante de l’UNICEF en Haïti, a précisé que ces chiffres ne représentent qu’une partie des dégâts causés par les groupes criminels.

Dans un contexte de crise généralisée, les directeurs d’écoles, manifestant devant le MENFP, n’ont pas caché leur frustration. « Le ministre Antoine Augustin est totalement absent. Il n’a rien fait pour protéger ou relancer le secteur », ont exprimé plusieurs d’entre eux. Ces derniers ont exigé des mesures concrètes pour permettre la réouverture des établissements scolaires dans les zones les plus affectées. Ils réclament également la démission du ministre de l’Éducation, qu’ils jugent incompétent face à l’ampleur de la situation.

Les manifestants ont appelé le gouvernement, ainsi que le Conseil présidentiel de transition, à prendre des actions immédiates pour garantir la sécurité des écoles et permettre aux élèves de reprendre le chemin de l’école. Parmi les demandes formulées : la mise à disposition de nouveaux espaces scolaires sûrs pour accueillir les élèves lors de la prochaine rentrée.

L’insécurité généralisée a des conséquences dramatiques sur le quotidien des élèves. Selon les témoignages recueillis lors de la manifestation, de nombreux enfants ne peuvent tout simplement pas se rendre à l’école en raison de la violence dans leurs quartiers. Certains sont contraints de fuir leurs maisons, d’autres ne trouvent tout simplement plus d’écoles accessibles à cause des gangs qui ont vandalisé ou incendié les établissements. L’impact sur l’éducation est dévastateur.

Les chiffres sont alarmants environ 2,1 millions d’enfants haïtiens sont privés d’éducation depuis plus d’un an, un phénomène qui pourrait aggraver encore davantage le taux de décrochage scolaire, déjà élevé dans le pays. L’UNICEF met en garde sur les conséquences à long terme de cette crise sur la scolarité des enfants haïtiens, soulignant qu’elle compromet l’avenir de toute une génération.

Le gouvernement haïtien, déjà accablé par la crise politique, économique et sociale, semble impuissant face à l’ampleur de la crise sécuritaire. Les directeurs d’écoles, eux, ne demandent rien de moins que l’action immédiate des autorités pour éviter que la situation ne devienne irréversible pour les enfants et l’avenir du pays.

FCN-Haiti

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