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Crise politique : Nou Pap Konplis dénonce la publication du décret référendaire

Le regroupement citoyen « Nou Pap Konplis » monte au créneau pour dénoncer avec vigueur la publication du décret instaurant un référendum constitutionnel, récemment officialisé par le CPT. Dans une note rendue publique en date du jeudi 10 juillet 2025, l’organisation qualifie cette initiative de « guet-apens politique », assimilant le processus à un simulacre démocratique orchestré par un comité référendaire sans légitimité légale ni mandat populaire.

Selon le collectif, cette démarche contrevient aux engagements pris dans l’Accord du 3 avril 2024, texte fondateur du Conseil Présidentiel de Transition (CPT), qui ne faisait nullement mention d’un référendum. Le document évoquait plutôt la mise en place d’une assemblée constituante chargée d’évaluer la pertinence d’une éventuelle réforme de la Constitution. Or, cet accord n’a jamais été publié dans le journal officiel Le Moniteur, ajoutent les signataires de la note, qui voient dans la publication du décret unilatéral « une violation grave de la souveraineté nationale ».

Dans cet appel à la vigilance, « Nou Pap Konplis » exhorte les organisations structurées du pays à envisager des poursuites judiciaires à l’encontre des membres du comité référendaire. Pour le collectif, il est inacceptable que des fonds publics soient mobilisés en faveur d’un processus qualifié d’unilatéral, illégal et opaque, sans consultation réelle des forces vives de la nation.

Crise politique : Nou Pap Konplis dénonce la publication du décret référendaire

Le collectif s’appuie notamment sur les propos du conseiller présidentiel Fritz Alphonse Jean, qui, dans une entrevue récente, a exprimé ses réserves sur la méthode employée. Il y dénonce l’absence de concertation avec le CPT et pointe du doigt l’exclusivité du pilotage du processus par le gouvernement, en dehors de tout cadre démocratique.

Plus loin, la structure « Nou Pap Konplis » rappelle que l’article 284.1 de la Constitution de 1987 stipule clairement : « Aucune autorité, n’a le droit de suspendre ou d’interrompre la Constitution. » Pour le collectif, il s’agit là d’un garde-fou contre toute tentative de manipulation institutionnelle sous couvert de réforme.

In fine, « Nou Pap Konplis souligne que la priorité nationale demeure l’instauration d’un pouvoir légitime, apte à rétablir la sécurité, organiser des élections crédibles et, le cas échéant, mener un véritable processus constitutionnel dans le respect des règles de droit. En s’engageant dans une telle manœuvre, le gouvernement et le CPT, jugés « discrédités », ne font, selon eux, qu’aggraver la crise politique et institutionnelle du pays.

FCN/Haïti

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