Contentieux entre le parquet de Port-au-Prince et la DCPJ

Dans une lettre adressée au ministre de la Justice, Me Patrick Pélissier, en date du 8 avril, le commissaire du gouvernement, Frantz Montclair, condamne l’arrogance du Directeur Central de la Police Judiciaire (DCPJ), l’Inspecteur Général Jean René François, qu’il reproche de refuser de se soumettre aux ordonnances du chef du Parquet, notamment dans le cadre du dossier de Nenel Cassy.
l’Inspecteur Général Jean René François, est accusé notamment de ne pas exécuter les ordonnances du Parquet, de couper les communications avec le commissaire du gouvernement et de bloquer le traitement de plusieurs dossiers en souffrance.
En ce sens, le parquetier dénonce un comportement dédaigneux qu’il qualifie d’inacceptable de la part du responsable de la police judiciaire. «La DCPJ, bien qu’intégrée à la Police nationale d’Haïti (PNH), est placée sous l’autorité hiérarchique du ministère de la Justice», martèle Me Montclair.
Appelant le ministre de la Justice à faire respecter la structure hiérarchique à rétablir la communication institutionnelle entre les deux entités, Me Montclair en a profité pour recadrer le chef de la DCPJ dans ses attributions et prérogatives. «Le Directeur Central de la Police Judiciaire reçoit ses instructions, comme un subordonné, du directeur général de la PNH», écrit-il dans sa correspondance.
Cette controverse a déjà soulevé pas mal de réactions. Par exemple, le directeur exécutif du Réseau National de Défense des Droits Humains (RNDDH), Pierre Espérance, y voit une volonté de piétiner la justice. «Dans un État de droit, aucun organe d’enquête ne devrait supplanter l’autorité judiciaire», déclare-t-il.
Pierre Espérance tire la sonnette d’alarme et demande au Directeur Central de la Police Judiciaire (DCPJ) d’obtempérer. «Son geste constitue une atteinte grave au fonctionnement régulier de la justice et un dangereux précédent qui remet en question l’indépendance des institutions judiciaires en Haïti», commente Pierre Espérance.
A rappeler que L’ancien sénateur des Nippes, Nenel Cassy et 16 personnes sont activement recherchées par les autorités judiciaires pour leur implication présumée dans des activités criminelles. Un rapport tendu entre la DCPJ et les instances judiciaires ne fera que retarder la procédure et fragiliser davantage le fonctionnement des institutions.
Ce bras de fer illustre les déséquilibres des institutions judiciaires et policières, les deux piliers d’une réponse adéquate à la crise sécuritaire, et, la nécessité d’une réforme structurelle de l’État.
FcnHaïti
.

