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Commerce illégal d’anguilles en Haïti: le RHAJAC exige la suspension des licences de trois opérateurs accusés de corruption et de trafic illicite

Le Réseau haïtien des journalistes anti-corruption (RHAJAC) appelle les autorités judiciaires et administratives à suspendre sans délai les licences d’exploitation et d’exportation d’anguilles détenues par Betty Lamy, Walson Sanon et Fritz Richardson, trois opérateurs du secteur halieutique poursuivis pour corruption, trafic de stupéfiants et trafic d’organes.

En effet, dans une note de presse publiée ce mercredi, le RHAJAC dénonce l’inaction et la complaisance de plusieurs institutions de l’État alors qu’une instruction judiciaire est en cours au cabinet du juge Benjamin Félismé. Le réseau rappelle que ces individus sont cités dans une plainte conjointe déposée par le RHAJAC, le Collectif contre la corruption (CCC) et Me Caleb Jean-Baptiste.

Le RHAJAC souligne qu’en mai 2025, l’Association nationale pour la protection des ressources aquatiques (ANAPRA) avait déjà suspendu deux de ses membres, Fritz Richardson Junior (NIF : 004-021-004-1) et Betty Lamy (NIF : 002-602-867-7), après des révélations sur des activités suspectes liées à la contrebande, au blanchiment d’argent, au trafic d’organes et à la cocaïne.

Cette décision, restée largement ignorée du grand public, démontrerait selon le réseau que les autorités disposaient déjà d’éléments sérieux justifiant une mesure conservatoire, mais auraient préféré fermer les yeux au nom de l’impunité économique.1

Dans sa note, le RHAJAC interpelle directement le ministère de l’Environnement, le ministère du Commerce et de l’Industrie ainsi que l’administration générale des douanes, leur demandant de geler immédiatement les activités commerciales des trois opérateurs le temps de l’enquête.

«Il est inacceptable que des licences d’exploitation continuent d’être utilisées par des personnes sous le coup d’accusations graves relevant du droit pénal international», déplore le réseau, qui craint une dissimulation ou un transfert illicite des produits d’exportation dans le but de contourner la justice.

Pour le RHAJAC, cette affaire constitue un test majeur pour la crédibilité du système judiciaire haïtien, régulièrement accusé de laxisme dans les dossiers de corruption à forte implication économique. Le réseau exhorte le juge Benjamin Félismé à mener l’instruction en toute indépendance et transparence et promet de suivre de près l’évolution du dossier.

«Il ne s’agit pas seulement d’un dossier commercial, mais d’une question d’éthique, de gouvernance et de respect du droit», a déclaré Djovany Michel, secrétaire général du RHAJAC, cité dans la note.

L’organisation invite également les médias et la société civile à rester vigilants face à tout acte d’intimidation ou de manœuvre dilatoire visant à entraver la procédure judiciaire.

FcnHaïti

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