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Collège Canado Haïtien: la poésie retrouve sa maison avec le poète Clément II BENOÎT

Mercredi 29 avril 2026, il était 10h15 lorsque Clément II BENOÎT franchit les portes du Collège Canado Haïtien. Une lumière tranquille se reflétait sur la cour, celle des matinées qui promettent de beaux souvenirs mais pour l’écrivain, ce n’était pas une simple visite. C’était un retour chargé d’échos, un rendez-vous discret avec le passé et une offrande faite à l’avenir.

D’un pas posé, il prend la direction du bureau administratif. Introduit auprès du Frère Directeur par la secrétaire, l’accueil est fraternel, sincère, presque familial. Très vite, la conversation dépasse le cadre protocolaire : ils parlent de poésie et de littérature. Le directeur évoque la congrégation, sa mission éducative, ces générations d’élèves façonnées avec patience et foi.

Les mots circulent avec élégance entre deux hommes qui partagent la même conviction : l’éducation et la culture demeurent les racines profondes d’une société digne. Mais la raison de cette présence, ce matin-là, porte un nom délicat, presque confidentiel : Alphabet intime.

L’écrivain était venu pour la vente-signature de son recueil de poèmes ; rapidement, ce fut la rencontre avec les élèves.
Dès son entrée dans les salles, une énergie nouvelle s’installe. Les regards brillent de curiosité. Les élèves observent avec une admiration spontanée. Les questions naissent naturellement : sur l’écriture, l’inspiration, la discipline, la vie.
Dans les murmures, on entend :
— Men ekriven an…
— Men papa Clausel, Clément III ak Cedrick…
Et soudain, l’instant prend une profondeur inattendue, car le Collège Canado Haïtien n’est pas étranger à la famille Benoît. Il est une page importante de son histoire. Trois fils de Clément II Benoît y ont étudié, y ont grandi, y ont laissé leurs traces : Clément III Benoît, Clausel Clément Benoît et Cedrick Clément Benoît.

Ces murs ont connu leurs pas pressés, ces salles ont abrité leurs rêves d’enfants, ces couloirs ont accompagné leur devenir. Aujourd’hui, c’est leur père qui revient, non plus simplement comme parent, mais comme écrivain, comme passeur de mots, comme témoin du temps. L’auteur a remercié vivement le président d’honneur de la bibliothèque Georges Castera de limbé l’Ing. Kénold Décimus Dr. h. c., M. Uder Antoine Directeur Exécutif du Conseil Électoral Provisoire , Me. E. Jean Baptiste Brown .

Les élèves ne voient pas seulement un auteur venu signer des livres. Ils voient un homme dont la vie raconte que l’école laisse des empreintes indélébiles, que la lecture ouvre des chemins réels, que les mots peuvent bâtir des destins.

La vente-signature devient alors bien plus qu’un moment littéraire. Elle devient un moment de transmission. Chaque exemplaire d’Alphabet intime signé n’est pas qu’un livre remis entre les mains d’un élève. C’est une invitation à lire, à penser, à rêver, à écrire peut-être, un jour.

On rit. On écoute dans un silence respectueux. On apprend sans même s’en apercevoir.
Ce matin-là, le Collège Canado Haïtien n’était pas seulement une école. Il était un carrefour de mémoire, un sanctuaire de savoir, un pont invisible entre générations.

Lorsque l’écrivain quitte les lieux, il emporte avec lui la lumière des regards jeunes et laisse derrière lui une trace discrète mais profonde : celle d’un homme qui, par la poésie, a su rappeler à une jeunesse que leurs rêves ont toute leur place dans ce monde.
Ce 29 avril 2026 ne fut pas une simple visite ; ce fut la rencontre entre la poésie et l’éducation.
Entre un père, ses fils et une jeunesse avide d’inspiration.
Entre un livre et des cœurs prêts à l’ouvrir.

Me Martine Elsie BAZILE

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