Artibonite sous tension: commissariat détruit à Marchand-Dessalines, alerte maximale décrétée à Saint-Marc*

La spirale de violence qui secoue le département de l’Artibonite franchit un nouveau seuil critique. Ce mardi 5 mai 2026, des individus lourdement armés, affiliés au gang Kokorat San Ras, ont attaqué puis pulvérisé le commissariat de Marchand-Dessalines, marquant un revers majeur pour les forces de l’ordre dans la région.
Selon plusieurs sources locales, l’assaut a été mené avec une violence extrême, contraignant les agents de la Police nationale d’Haïti à abandonner les lieux avant que l’infrastructure ne soit réduite en ruines. Cette offensive survient dans un climat déjà explosif, alimenté par la montée en puissance de groupes armés qui contestent ouvertement l’autorité publique.

Des témoignages concordants indiquent que les assaillants avaient annoncé leur retour dans la zone, promettant de «finir le sale boulot», une menace qui semble avoir précipité le retrait des forces de sécurité, faute de moyens pour contenir l’attaque.
Un massacre récent en toile de fond
Cette nouvelle escalade intervient à peine une semaine après un massacre de grande ampleur dans la localité de Jean Denis, située dans la commune de Petite-Rivière de l’Artibonite. Plus de 70 personnes y ont été tuées lors d’une attaque attribuée à des groupes armés, accentuant le climat de terreur dans la vallée de l’Artibonite.
Ce bain de sang a profondément choqué l’opinion publique et renforcé le sentiment d’abandon ressenti par les populations locales, livrées à elles-mêmes face à des gangs de plus en plus structurés et offensifs.
La ville de Saint-Marc sous couvre-feu
Dans une tentative de reprise en main, les autorités locales ont décrété un couvre-feu de 72 heures dans la commune de Saint-Marc, effective dès ce mardi. La mesure interdit toute circulation de véhicules entre 20h30 et 6h du matin.
Décidée par le Conseil de sécurité communal, cette disposition s’inscrit dans un contexte de tensions croissantes, marqué notamment par des manifestations violentes ayant ciblé des bâtiments administratifs. Les protestataires exigent des interventions musclées contre le gang Gran Grif, dont la présence aux abords de la ville alimente la peur et l’instabilité.
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Les autorités précisent que toute violation du couvre-feu sera sanctionnée conformément aux lois en vigueur. Par ailleurs, les rassemblements publics sont désormais soumis à notification préalable auprès de la police et doivent se tenir à visage découvert.
Un territoire en bascule
L’Artibonite, longtemps considérée comme le grenier agricole du pays, s’enfonce progressivement dans une crise sécuritaire profonde. La destruction du commissariat de Marchand-Dessalines illustre la fragilité croissante des institutions étatiques face à des groupes armés capables de mener des opérations coordonnées contre des cibles symboliques.
Alors que la population réclame des actions concrètes, la capacité des autorités à rétablir l’ordre reste incertaine. Entre retraits stratégiques, mesures d’urgence et pressions populaires, l’État haïtien apparaît une nouvelle fois confronté à un défi majeur: reprendre le contrôle d’un territoire où la violence tend à devenir la norme.
FcnHaĩti
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