WITDENM initie des jeunes déplacés à la collecte de données humanitaires

L’organisation WITDENM a lancé, le samedi 12 juillet à Pétion-Ville, une formation destinée à des jeunes déplacés internes pour leur apprendre à collecter et analyser des données sur les conditions de vie dans les camps.
Cette initiative, baptisée ESD25 (Enquête Situation Déplacés 2025), répond à un double défi : le manque de données fiables sur les populations déplacées et l’exclusion fréquente des premiers concernés des processus d’enquête et de décision.
Les participants, venus majoritairement de sites d’hébergement temporaire, seront formés pour devenir enquêteurs de terrain. À travers des outils simples mais rigoureux, ils apprendront à documenter les réalités vécues au quotidien dans les camps : accès à l’eau, santé, protection, logement, etc.
“Chaque personne compte. Chaque réalité compte.” un principe fort que défend l’équipe de WITDENM.Cette approche donne une voix directe aux personnes déplacées et transforme leur vécu en outil de changement. À ce stade, les jeunes déplacés deviennent la voix des camps.
Au-delà de l’apprentissage technique, chaque jeune reçoit un petit soutien financier, une manière de reconnaître leur engagement et de soulager certains besoins urgents. Pour WITDENM, il s’agit de construire une réponse humanitaire plus juste et inclusive, qui valorise la dignité et le savoir des communautés touchées.
« En formant les jeunes à documenter leur quotidien, nous faisons d’eux les acteurs d’un changement durable », explique Ellen Levesque, représentante de l’organisation.
Les données recueillies dans les jours à venir seront cruciales pour orienter les décisions des ONG, des autorités haïtiennes et des partenaires internationaux. L’objectif est de mieux comprendre pour mieux agir.
Dans un pays où plus de 300 000 personnes vivent en situation de déplacement dans la région métropolitaine de Port-au-Prince, souvent dans l’oubli, cette initiative pourrait bien faire école.
FCN-Haiti

