Violences faites aux femmes haïtiennes : le système des Nations Unies en Haïti dénonce et exhorte les autorités à investir en faveur de la cause féminine

Le vendredi 8 mars marquait la Journée international des droits de femmes. Cette journée célébrée annuellement à travers le monde, est une occasion de rappeler la nécessité et l’importance de défendre la cause féminine pour parvenir à l’égalité de genre et garantir l’autonomisation des femmes. En Haïti, le système des Nations Unies a saisi de l’occasion pour marquer cette date à travers un communiqué de presse, appelant les autorités compétentes à investir en faveur de la sécurité des femmes.
« Investir dans l’éducation et la formation des femmes, c’est donner à la société un autre avenir » a été le thème choisi par Haïti pour célébrer la Journée internationale des femmes. Dans divers endroits du pays, des organisation nationales et étrangères évoluant en Haïti ont organisé des évènements pour célébrer cette journée en faisant le plaidoyer pour le respect des droits des femmes et faire ressortir des réflexions sur les avancées d’Haïti en matière du respect des droit de ces dernières.

Pour le système des Nations-Unies en Haïti, les violences causées par les bandes armées particulièrement à Port-au-Prince contribuent à la détérioration des conditions de vie de la population en général et des femmes en particulier. D’autant, les instances onusiennes ont déploré le fait que l’insécurité ambiante a entraîné des déplacements de milliers de civils, majoritairement des femmes, et rendu extrêmement difficile l’accès aux services sociaux de base, aggravant encore une vie quotidienne déjà précaire.
A titre illustratif, le système des Nations-Unies en se référant au dernier rapport de l’Organisation Internationale pour les Migrations (OIM), publié en décembre 2023, a fait savoir que le nombre total de personnes déplacées internes dépasse 313.901. Parmi celles-ci, 56% sont des filles et des femmes. « Les violences sexuelles contre les femmes et les filles sont utilisées comme arme de guerre, d’intimidation, de contrôle territorial et de domination. De plus, la présence opérationnelle des organisations partenaires en matière de prévention de violence basée sur le genre (VBG) dans les sites de déplacés internes est réduite ou suspendue et la plupart des points de services VBG sont fermés pour des raisons de sécurité et d’accès », a regretté l’ONU.
Par ailleurs, cette entité onusienne a attiré l’attention du grand public, affirmant que si la paralysie de la zone métropolitaine de Port-au-Prince se poursuit au cours des prochaines semaines, près de 3 000 femmes enceintes risquent de ne pas pouvoir accéder aux soins de santé essentiels, et près de 450 d’entre elles pourraient souffrir de complications obstétricales potentiellement mortelles sans assistance médicale qualifiée. Environ 521 survivants de violences sexuelles pourraient se retrouver sans soins médicaux d’ici la fin du mois de mars, selon ses projections.
La Représentante spéciale du Secrétaire général des Nations Unies en Haïti et Cheffe du BINUH, Maria Isabel Salvador, dans son message à l’occasion de la journée internationale des femmes, croit que pour parvenir à une amélioration durable de la situation sécuritaire et socio-politique dans le pays, il est impératif d’investir dans les femmes en favorisant leur participation aux différentes instances de gestion du pays, y compris au niveau politique.
« Aujourd’hui, trop de femmes et de jeunes femmes en Haïti sont victimes de la violence aveugle commise par les gangs armés. Les Nations Unies se tiennent à leur côté et s’engagent à continuer à leur apporter l’assistance dont elles ont besoin », a indiqué, pour sa part, la Coordonnatrice résidente et humanitaire, Ulrika Richardson. « Lutter pour arrêter la violence contre les femmes en Haïti et investir en leur faveur est une condition sine qua non pour garantir une société juste, prospère et pacifique », a insisté la Coordonnatrice résidente.
FCN Haïti

