Remaniement: Debout Citoyen tourne le dos à l’Initiative du 24 avril et se repositionne pour le partage du pouvoir

À l’approche d’un remaniement ministériel annoncé comme imminent, les lignes bougent au sein des regroupements politiques. Par une correspondance non signée datée du 20 février, la structure Debout Citoyen a acté sa prise de distance avec l’Initiative du 24 avril, révélant des tensions internes et une nouvelle phase de repositionnement dans la course à la participation gouvernementale.
Treize jours après l’échéance symbolique du 7 février, les alliances se recomposent dans un climat de tractations discrètes et de repositionnements politiques. Longtemps solidaire de l’Initiative du 24 avril, Debout Citoyen opte désormais pour une démarche solitaire, visiblement orientée vers une éventuelle participation au nouvel exécutif, au moment où se multiplient les négociations en coulisses.


Selon des informations concordantes, cette prise de distance n’a rien d’improvisé. Depuis plus d’une semaine, des rencontres nocturnes et officieuses auraient réuni certains membres de l’appareil gouvernemental et des figures de l’Initiative du 24 avril. Ces échanges, menés en dehors des cadres formels, s’inscriraient dans une stratégie visant à affaiblir les blocs de pression et à redessiner les rapports de force en vue du remaniement.
Ce changement de cap intervient également dans un contexte politique marqué par l’échec des démarches liées à la Cour de cassation, un revers qui aurait accéléré les calculs internes. La stratégie initialement défendue par Debout Citoyen – consistant à adresser une correspondance officielle au Premier ministre pour manifester sa disponibilité à intégrer le gouvernement – semble avoir cédé la place à une approche plus directe et moins collective.
Pour plusieurs observateurs, cette défection, jugée prévisible, fragilise davantage la cohésion de l’Initiative du 24 avril et met en lumière la profondeur des rivalités internes. Elle traduit surtout la primauté des logiques de positionnement politique sur les engagements de départ.
Derrière les discours de principe, la bataille pour l’accès aux postes révèle un système politique encore dominé par les logiques de partage et de survie, plutôt que par la recherche de solutions structurelles pour le pays.
Alors que l’annonce officielle du remaniement est attendue dans les prochains jours, ces mouvements internes témoignent d’un rapport de force en pleine mutation, dont les conséquences sur la stabilité des alliances et la capacité de l’exécutif à répondre aux urgences du pays restent encore incertaines.
FCN/Haïti

