Quand la violence force les femmes à fuir: l’histoire bouleversante de Marie Michele St Juste

Comme des milliers d’Haïtiens poussés à l’exil interne ou à l’étranger, Marie Michele St Juste, 25 ans, a quitté son quartier Lalue, à Port-au-Prince, pour fuir la terreur imposée par les groupes armés. Son histoire illustre la détresse d’une population prise au piège d’une violence sans répit.
« J’ai attendu le lever du jour pour partir. J’ai marché pendant des heures avant de trouver un tap-tap qui allait vers Pétion-Ville », raconte-t-elle d’une voix fatiguée. Comme beaucoup de familles déplacées, Marie Michele a laissé derrière elle sa maison, ses souvenirs et son travail.
Une capitale sous la coupe des gangs
Depuis le début de l’année 2024, l’insécurité à Port-au-Prince s’est aggravée. Selon les données de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), plus de 500 000 personnes ont été contraintes de quitter leurs foyers à cause de la violence armée. Les quartiers de Carrefour-Feuilles, Bel-Air, Cité-Soleil et Martissant figurent parmi les plus touchés.
Les gangs y imposent leur loi, multipliant enlèvements, viols, assassinats et incendies de maisons. « Je vivais dans la peur. Les nuits étaient remplies de tirs. Parfois, on dormait à même le sol pour éviter les balles perdues », confie Marie Michele.
La fuite comme seul choix
Pour elle, partir n’a pas été une décision facile. « Je ne voulais pas quitter ma maison, mais rester, c’était mourir à petit feu. »
Aujourd’hui, elle vit chez un proche, en attendant un retour possible dans de meilleures conditions, même si l’idée de partir à l’étranger la hante.
Des femmes en première ligne
Les femmes comme Marie Michele sont particulièrement vulnérables. D’après les organisations de défense des droits humains, elles subissent non seulement les violences directes des groupes armés, mais aussi des abus dans les camps de déplacés.
« La peur ne nous quitte jamais », avoue-t-elle, se demandant chaque jour quand elle pourra enfin vivre normalement.
Entre espoir et incertitude
Malgré tout, Marie Michele garde espoir. Son rêve : retourner un jour dans sa maison et voir ses enfants grandir dans un pays en paix. « Je ne voulais pas partir à l’étranger, je voulais juste vivre sans peur dans mon propre pays », regrette-t-elle.
Une tragédie nationale
L’histoire de Marie Michele est celle de milliers d’Haïtiens contraints à l’exil interne ou à l’étranger par la montée de la violence. Selon les Nations unies, plus de 200 000 enfants vivent actuellement dans des sites de déplacement, sans accès régulier à l’éducation.
Alors que la communauté internationale prépare le déploiement d’une mission multinationale de sécurité, de nombreuses voix réclament une réponse urgente pour protéger les civils, restaurer l’ordre et soutenir les familles déracinées.
Pour Mme St Juste, comme pour tant d’autres, l’urgence n’est pas politique : elle est humaine.
« Nous voulons juste vivre. Ce n’est pas un luxe, c’est un droit. », conclut-elle.
Fact Checking News (FCN)

