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Pour ce nouvel an, le président du sénat Joseph LAMBERT s’adresse et formule ses vœux à la nation

Dans un message adressé à la nation haïtienne, à l’occasion de ce nouvel an et de la fête de l’indépendance, le premier janvier 2022, le président du sénat, M. Joseph LAMBERT partage ses vœux de paix, de bonheur et de fraternité en terme de reconnaissance aux pères fondateurs de la patrie commune en vue de prouver sa fierté entant que fils d’Haïti. Dans ce message solennel, le Numéro 1 du sénat, croit que l’avenir du pays dépend de la capacité de chaque haitien de toutes les couches de la société haïtienne en déclarant: « qu’il est déterminé à mener tous les combats présents et futur, parcequ’il le doit à son pays », dit-il.

MESSAGE DE VOEUX  DU PRESIDENT DU SENAT, 2022!
 
La tradition et l’histoire mettent le peuple haïtien dans cette heureuse situation de pouvoir célébrer deux grandes fêtes à la fois, le jour de l’an avec l’humanité entière et l’Indépendance d’Haïti que l’armée indigène a conquise après une longue guerre faite de nombreuses batailles livrées âprement contre l’armée expéditionnaire française. La joie du jour de l’an et la mémoire haïtienne me valent un plaisir particulier de vous présenter, d’une part, tous mes vœux pour cette nouvelle année qui s’annonce, et de vous adresser, d’autre part , mes fraternelles salutations  puisées dans l’éternelle reconnaissance due aux Pères fondateurs .  
Depuis que les populations du Département du Sud-est m’ont investi de leur haute confiance, mes fonctions de Sénateur de la République m’ont placé dans une situation qui éprouve ma conscience citoyenne en mesurant sans cesse ma responsabilité d’Homme d’Etat. Voici déjà 218 ans, de manière forte, dans l’expression d’une dignité revendiquée, la négritude s’est imposée à travers cette proclamation majestueuse faite aux Gonaïves, le 1er janvier 1804. Nous sommes aujourd’hui les héritiers de ce patrimoine que nous avons le devoir et l’obligation de préserver et d’enrichir .


Notre Pays , dans les circonstances de son accession à l’indépendance,  a été perçu comme un mauvais exemple à abattre . Le système colonial et esclavagiste s’est senti menacé et, dès lors , des mécanismes ont été mis en place pour contrarier l’intensité et la générosité de la geste de 1804 . La formation sociale haïtienne, tout au cours de son évolution s’en est ressentie et, à date, les élites ne sont toujours pas parvenues à créer les conditions sociales, politiques et économiques  capables d’assurer le développement  notre communauté haïtienne.
Cette année 2021 n’a pas épargné notre pays en grands bouleversements de toutes natures et notre République a été exposée aux pires dangers qui ont révélé nos faiblesses. Une grande frustration est à peine contenue contre les conditions sociales trop inégales, contre la corruption et les injustices, contre un système administratif vétuste. Cette colère a du sens …
 Durant environ quatre ans, les troubles sociopolitiques ont saccagé notre société qui, depuis le deuxième lundi de janvier 2020, s’est écartée de l’ordre démocratique . La grande délinquance s’est installée dans notre communauté; les gangs pillent, enlèvent et tuent. Nous avons compté trop de cadavres jusqu’à celui du Président Jovenel Moise assassiné chez lui en sa résidence.

Pour ce nouvel an, le président du sénat Joseph LAMBERT s'adresse et formule ses vœux à la nation


Le vide constitutionnel qui en est résulté n’a pas permis au Pays de se doter d’un Gouvernement légal pour suppléer à cette absence inattendue. Malheureusement, des compatriotes habités par une logique de transition, sans projet, sans programme,  ont été très loin dans une exploitation sauvage des événements. Le peuple haïtien s’interroge , et aujourd’hui encore, ne sait pas dans quelle direction il est orienté . L’incertitude qui occupe l’horizon est épaisse.  L’avenir est sombre..
Il y a une leçon à retenir. Nous avons le devoir de construire notre pays et cet effort viendra de notre capacité à envisager de nouvelles manières de faire pour vivre ensemble. Car, il nous est impossible de vouloir continuer à faire les mêmes choses , à répéter les mêmes erreurs qui aboutiront certainement aux mêmes résultats. Nous devons revoir notre société, chercher à mieux comprendre le malaise qui la bouleverse et qui empêche aux haïtiennes et aux haïtiens de mettre ensemble ce qu’ils savent et ce qu’ils ont pour un vrai projet national.


En ma qualité de Président du Sénat,  j’ai toujours compris qu’Haïti faisait face à un défi  immense . Je me suis dit que j’avais un rôle à jouer et que j’avais une vision à partager. Je voulais tracer des lignes pour redessiner notre Pays et lui donner de nouvelles couleurs. Ainsi, je m’apprêtais à rendre possibles les conditions nécessaires à l’application des politiques qui correspondent à un gouvernement de transition .
J’ai voulu me mettre au service de la population haïtienne, à travers un remembrement de notre système administratif. Aujourd’hui ou demain, comme dans les années prochaines, les gouvernements, quelles que soient leurs tendances, auront à adopter ce projet pour le placer au carrefour de la constance et de la détermination. Personnellement, je suis intimement convaincu que nous les haïtiennes et les haïtiens, nous avons à inventer une réponse, un projet profondément haïtien à ce que nous sommes en train de vivre.
C’est pourquoi, chers compatriotes, cette année 2022 qui s’annonce me parait décisive et je veux former pour nous les vœux qui m’habitent :
je veux nous souhaiter à nous tous en l’an 2022 de nous regarder chaque haïtienne, chaque haïtien dans le miroir de notre conscience, avec le courage de nous admettre pour ce que nous sommes, de reconnaitre ce que nous faisons, ce que nous avons bien fait et surtout ce que nous avons mal fait. Pendant trop longtemps, nous nous sommes installés dans un déni flagrant de réalité.


Nous vivons dans l’une des plus faibles économies du monde, nos infrastructures sont parmi les plus dégradées au monde, la scolarité de nos enfants coute trop cher, nous nous faisons soigner à un coût trop élevé, nos dépenses en fonctionnement et en investissement constituent une inadéquation qui casse l’espoir. Nous pouvons faire mieux et nous devons faire mieux. Notre pays a soif d’un débat national, un débat qui doit nous permettre de parler vrai, de parler franc. Mais parler vrai ce n’est pas parler des personnes pour les abimer, ce n’est pas non plus nous renvoyer des factures, c’est parler de la réalité, celle qu’on doit transformer, celle qu’on doit rendre meilleure pour le bonheur à construire. Nous avons besoin de courage pour renforcer notre démocratie, pour nous protéger des fausses informations, des manipulations et des intoxications. Il est indispensable de rebâtir une confiance démocratique dans la vérité de l’information qui repose sur des règles de transparence et d’éthique. Ce vœu de courage c’est au fond un vœu pour tous de savoir écouter, d’apprendre à dialoguer et surtout de cultiver l’humilité et l’empathie. Alors, rendons nous disponible pour ce courage car de là peut et doit  naitre une action utile, qui nous unit et nous engage.


Chaque citoyenne ou chaque citoyen est nécessaire pour le projet de la nation haïtienne. Pourtant, ils sont trop nombreux à ne pas se sentir respectés ou considérés. Ils sont trop nombreux à vivre la sensation  d’une vie contrariée ou empêchée. Je pense aux mères de famille qui élèvent seules leurs enfants, je pense à nos braves paysans qui ne demandent rien qu’à vivre dignement de leur travail… J’ai une idée pour les retraités modestes qui ont encore la charge de leurs enfants ou de leurs parents. J’ai une pensée spéciale pour les personnes à mobilité réduite. Des réponses doivent être apportées à l’impatience légitime de ces catégories. Cela implique de permettre à chacun , quelque soit son lieu de naissance et quelque soit sa famille, de pouvoir accéder à une meilleure éducation et,  grâce à celle-ci, de pouvoir accéder à un emploi et pouvoir prendre soin de sa famille. C’est le seul moyen d’assurer à chacun ses droits dans la société et d’attendre de lui des devoirs. Cela il faut le rétablir et c’est notre responsabilité à tous. Notre dignité de citoyen exige que chacun se sente acteur de la vie de la nation. Nous devons encourager le débat pour ne pas gâcher les avancées de notre démocratie. Sur ce sujet il y a des décisions à prendre, car d’évidence le peuple haïtien doit commencer l’expérience de la vie institutionnelle.


Nous devons récupérer notre dignité qui est aussi le respect de chacun. Et nous devons reconnaitre avoir vu ces derniers temps des choses impensables,  nous avons entendu aussi l’inacceptable. Nous vivons libre dans notre pays parce que ceux qui nous ont précédés se sont battus pour ne plus subir ni les mauvais traitements, ni les vexations, ni l’humiliation, ni l’avilissement. Et cette liberté, elle requiert un ordre républicain, elle exige le respect de chacun et de toutes les opinions. Il y a une précaution à prendre par certains qui, trop souvent,  prennent l’habitude de parler au nom du peuple.
Enfin, je nourris l’espoir que nous parvenions à admettre que nous sommes un grand peuple .
Espoir de construire le vivre ensemble.
Espoir en notre avenir commun.
Espoir en notre Haïti.
Espoir que dans une transcendance nous trouvions nous-mêmes un accord  qui nous conduit sur la vraie route . 
Espoir que la sécurité revienne et que des élections crédibles viennent renouveler le personnel politique .
Je crois que Haïti est une puissance culturelle qui porte en elle un projet inédit.Nous devons nous débarrasser de ce sentiment d’impuissance pour assumer. C’est là que réside cet espoir pour 2022.


Je sais que notre avenir dépend  de notre capacité à nous aimer et à aimer notre patrie; de tous les horizons et de toutes les générations ,  là est l’énergie d’Haïti.
Je suis fier de mon pays, fier de toutes les haïtiennes et de tous les haïtiens. Je suis déterminé à mener tous les combats présents et à venir parce que je crois en nous, parce que je le dois à mon pays.


Je vous souhaite une meilleure année 2022.
Vive la République!  Vive HAITI!


Joseph LAMBERT, président du sénat
 
 
 
 

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