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Mon Intime ConvictionPar Jean Mapou: Mon silence, ma colère, mon sacrifice

À tous ceux qui me demandent pourquoi je cesse d’écrire, je réponds qu’aucun mot ne parviendra à exprimer ma douleur et ma colère. Je préfère garder le silence au lieu de prêcher dans un désert. Dans les conditions actuelles, parler ne suffira pas. Si ma parole n’est pas encore agissante que je me taise au milieu de cette foule de sourds-muets et d’abrutit.

«Si nous continuons à accepter de céder des territoires aux bandits, nous finirons par céder nos existences; notre humanité, notre histoire, notre identité et tout ce qui fait de nous un peuple solidaire et digne de ce nom. Nous serons peut-être toujours là ou pas, peu importe… car Haïti sera pire qu’un territoire perdu mais le mausolée des âmes damnées». Ce sont là les propos concluant l’un de mes papiers et je me rappelle les commentaires d’un lecteur avisé arguant qu’il espère qu’il aimerait que j’aie tort.

Mon Intime ConvictionPar Jean Mapou: Mon silence, ma colère, mon sacrifice

Je réaffirme que je déteste avoir raison lorsqu’il s’agit de mauvais augure concernant mon pays. D’ailleurs je ne suis pas un prophète de malheur. Mais c’est bien dommage tous les pronostics négatifs sont en train d’être confirmés. «pire qu’un territoire, Haïti est devient un pays livré». Les passages cauchemardesques de notre histoire se ressurgissent et nous ne faisons rien pour revenir à l’ordre.

Rien n’est nouveau en Haïti. Qu’est-ce qui se dit aujourd’hui qui n’a pas été dit il y a de cela vingt-cinq ans au moins plus tôt? Ou qu’est se passe actuellement que nous n’avons pas encore vu. A cet effet mon silence, loin de me rendre complice, est un sacrifice de mon âme de combattant.

Nous sommes devenus un peuple frustré. Les cicatrices de nos malheurs au quotidien demeureront comme une encre indélébile dans nos pensées. Dans ces circonstances il n’y a pas de bonne façon d’exprimer ma colère que de garder mon calme et d’essayer d’être pragmatique, car au point où nous sommes parvenus nous devons réfléchir et nous préparer au changement imminent.

Ce que nous devons apprendre de l’histoire, c’est que de toutes agitations et troubles socio-politiques de nouveaux leaderships s’emergeront. C’est pourquoi nous devons être attentifs aux messages de la nature. Si nous n’essayons jamais de changer de nous taire, réfléchir profondément pour comprendre quand il faut changer de direction et voir les choses sous un angle différent, notre patience se définira comme une perte de temps et notre souffrance gratuite.

Mon Intime Conviction

Jean Junior JOSEPH
[email protected]
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