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Mon Intime Conviction: « Nous ne sommes pas seuls »

Par Jean MAPOU

À la fin de 2022, j’ai perdu ma mère. C’était mon héroïne. Elle s’est éteinte à l’âge de soixante-six ans, après avoir courageusement supporté son asthme durant près de trente années. Je pense que c’est d’elle je m’inspire la sagesse, le courage et l’endurance dans l’adversité, et j’avance un peu selon les leçons apprises de mes expériences auprès de cette femme d’acier. Elle a su notamment résister aux assauts de la vie. Sans diplôme ni rang social elle fait grandir l’humble MAPOU que je suis devenu. Depuis ses funérailles, c’est comme si une partie de moi fut enterrée avec elle ce jour-là.

C’est déjà très osé de ne pas m’excuser auprès de vous pour vous avoir abandonné depuis si longtemps, laissant tomber la Chronique de Jean Mapou sans justification. Loin de vous avancer l’excuse de mon deuil ou de me plaindre, j’aimerais simplement vous dire que ce n’était pas l’envie d’écrire qui me manquait. Je refusais seulement de continuer à m’adresser à une bande de sourds et d’aveugles qui se complaisent dans leur dégénérescence effrénée… bref, une bande de moutons de panurge.

…Je suis comme je suis, un enfant gâté et effronté qui osera toujours poser différemment les questions que vous avez l’habitude de poser dans le cadre de ce que appelez «normal». Qu’est-ce qui est normal, ou qui ne l’est pas? C’est un autre débat, on en revient là-dessus dans un autre papier.

Mais qu’est-ce que le décès de votre mère vient faire dans ce papier, me demanderiez-vous? Alors je vous répondrais que maman est celle qui m’a initié, initiation en tout point de vue, dans la vie sociale et m’a aidé à comprendre la dimension mystique des choses, que le carma existe, que le temps remet tout à sa place, que nos ancêtres agissent toujours, que l’univers conspire en ma faveur, que je suis un leader pas un suiveur. Et que, quoique nous fassions, nous ne sommes pas seuls. Nous ne l’avions jamais été d’ailleurs.

Je me demande si un jour je cesserai de la pleurer. Son départ a laissé un tel vide en moi. Je ne me suis jamais senti aussi seul de toute ma vie. Solitude dans une foule immense, sourire aux lèvres, envers et contre tous, j’avance, l’ardeur et la flamme du combattant dans mes veines, face au destin qui m’entraine.

J’avance et continue de le faire pourtant sans broncher. Ce n’est qu’après avoir perdu ma mère, je me rends compte de cette famille si extraordinaire à laquelle j’avais fait partie sans en peser réellement le poids. Mon ami Leconte Dor l’appellerait capital social, pour Lionel Saint Félix de HM3 c’est le réseautage social. Il me semble avoir eu à construire cette famille en devenir tout au long de ma vie, en imitant les manœuvres de ma mère prenant soin de ses enfants.

Son départ m’avait fait naitre de nouveau avec plus de résiliences, de flexibilités et de tacts. Je ne suis l’exemple parfait de la force de caractère, il y en a bien meilleurs que moi. Mais je sais que de tous ces modèles d’hommes et de femmes de courage Haïti devrait trouver une source d’inspiration et d’énergie positive, d’excellentes ondes pour aller de l’avant.

Nous ne sommes pas seuls dans cette galère. Des pays frères comme le Kenya, nous montre solidarité. Ce fils d’Afrique trouve encore le courage et les moyens d’accepter de prendre la tête d’une mission chez nous. En dépit du fait que l’occident qui dit appuyer cette décision difficile, appelle en même temps ses citoyens à la prudence sur le territoire Kenyan.

Nous ne sommes peut-être pas nombreux à voir les choses différemment mais seuls, jamais. Mon intime conviction.

Jean MAPOU
[email protected]
+509 3 838 8653

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