Menaces environnementales: suspension des exploitations de sable à Pélerin et Laboule

Le Ministère de l’Environnement (MdE) a annoncé, le mercredi 27 mai 2026, la suspension immédiate et jusqu’à nouvel ordre de toutes les activités d’exploitation de carrières de sable dans les zones de Pélerin, Laboule et Boutillier, dans la commune de Pétion-Ville. Cette décision fait suite à plusieurs plaintes de riverains et à des constats jugés préoccupants lors de missions de terrain effectuées par les autorités environnementales.


Dans un communiqué rendu public, le MdE indique que des évaluations techniques menées par la Direction départementale de l’Ouest, la Direction de l’Inspection et de la Surveillance environnementale ainsi que le Bureau national d’évaluation environnementale ont permis de constater de graves risques liés à l’exploitation anarchique et illégale du sable dans ces zones sensibles.
Les autorités évoquent notamment des phénomènes d’érosion accélérée, l’instabilité des bassins versants ainsi que des risques d’éboulements et de glissements de terrain susceptibles de mettre en danger les populations et les infrastructures avoisinantes. Face à cette situation, le gouvernement affirme avoir opté pour des mesures conservatoires afin de prévenir toute aggravation des dégâts environnementaux.
Plus loin, le Ministère rappelle également que ces espaces avaient déjà été concernés par des restrictions en 2012, 2016, 2021 et 2025 en raison de leur forte vulnérabilité géologique et environnementale.

Dans le même communiqué, le MdE souligne que les mines et carrières font partie du domaine public de l’État, conformément à l’article 36.5 de la Constitution amendée de 1987. Il insiste également sur l’obligation pour les exploitants de respecter les normes environnementales prévues par la législation en vigueur.
Afin de mieux réguler le secteur, les autorités annoncent plusieurs mesures, dont la révision des procédures de délivrance des permis d’exploitation, l’organisation de rencontres avec les exploitants concernés ainsi que la réalisation d’études d’impact environnemental et social. Le gouvernement prévoit aussi de renforcer la coordination entre les institutions publiques chargées de la surveillance et de la régulation du secteur.
Le Ministère de l’Environnement affirme enfin vouloir faire appliquer strictement cette décision avec l’appui du Ministère de la Justice, du Ministère de la Défense, du MTPTC et des autorités locales compétentes. À travers cette démarche, les autorités disent vouloir protéger les populations, préserver des écosystèmes déjà fragilisés et promouvoir une gestion durable des ressources naturelles du pays.
FCN/Haïti

