Les dirigeants sont les principales causes de la pauvreté en Haïti de l’avis de l’économiste Etzer Emile

L’économie haïtienne est en état de dépression. Tous les indicateurs économiques affichés montrent clairement que le pays est confronté à des problèmes économiques graves. Dans une petite causerie qu’il avait avec des jeunes des départements du Sud et des Nippes, l’économiste Etzer Emile a fait le diagnostic de la situation économique, puis apporté des informations sur plusieurs points d’ombres. Dans ses réflexions, l’économiste a fait comprendre que le problème de la pauvreté en Haïti n’est pas une fatalité, mais plutôt un choix, celui des dirigeants haitiens.
Selon le professeur Emile, l’économie haïtienne est prise en otage par un petit groupe. Pas de production, pas d’innovation, tout vient de l’extérieur, dit-il, qui par ailleurs, accuse l’Etat haïtien d’être de mèche avec des hommes du secteur des affaires qui depuis des dizaines d’années prennent le pays en otage pour mener leur propre intérêt au détriment du peuple. Toutes ces formes dérives plongent l’économie nationale dans sa pire récession et chaque jour, nous assistons que les conditions socioéconomiques de la population vivant dans des conditions précaires et de haute vulnérabilité deviennent de plus en plus difficile, car elles sont dans l’incapacité de subvenir à leur besoin par rapport à la cherté de la vie.
Par ailleurs, l’économiste dans ses déclarations ajoute pour dire que les autorités n’ont aucun plan de développement, aucun projet de société et aucun programme économique pour le pays. C’est donc face à toutes ces considérations, qu’il souligne que le problème de la pauvreté en Haïti n’est pas une fatalité, mais un choix bien calculé de la part des dirigeants. « Au lieu d’investir dans la production nationale, l’État subventionne des entrepreneurs qui importent des marchandises », déplore Etzer Emile.
Toujours dans son analyse sur la situation économique du pays, l’économiste a apporté des explications sur la question du taux de change. Selon lui, le problème fondamental de ce pays n’est pas le taux de change.
« Le problème du dollar, est un faux problème. Le vrai problème est le fait qu’il n’y a pas de créations de richesses et d’emplois dans le pays», explique Etzer Emile, déclarant que s’il y avait de créations de richesse, s’il y avait d’emploi, la question du taux de change ne dérangerait jamais. « C’est à cause que les gens n’ont pas de revenus que nous voyons le taux de change comme un problème ».
Très critique contre le pouvoir en place, Etzer Emile fait savoir que le gouvernement en place n’a aucune volonté pour rendre l’économie nationale prospère. Pour illustrer ses dires, il a posé la question du budget qui toujours selon lui, élaboré contre la population. D’après le professeur, ce n’est pas une surprise si on remarque que dans de nombreuses communes, les gens vivent dans la misère. C’est parce que le budget est mal conçu et mal reparti.
« Le budget national est un budget centralisé qui n’intéresse pas au développement des communes et des sections communales. 94% du budget sont dépensés dans le département de l’Ouest et le reste de 6% dépensés dans neuf autres départements », a indiqué Etzer Emile avant de dire tant que le budget national ne reflète pas les besoins de toutes les communes du pays, il y aura toujours de la pauvreté.
Peterson Jean Gilles

