Les dirigeants caribéens s’engagent à unir leurs efforts pour lutter contre la violence des gangs et soutenir Haïti

Dans un contexte de violence criminelle croissante, les leaders des Caraïbes ont renouvelé leur détermination à collaborer en vue d’éradiquer la criminalité et de soutenir Haïti, un pays que l’Organisation des Nations Unies décrit comme étant « paralysé » par le fléau des gangs. Cette déclaration d’intention a été formulée lors du sommet des leaders de la Communauté des Caraïbes (Caricom), un regroupement de quinze nations, qui s’est tenu à Montego Bay, en Jamaïque.
Sous la présidence d’Andrew Holness, Premier ministre jamaïcain, la question de la sécurité dans la région sera considérée comme une « priorité majeure ». Marquant le début du sommet, M. Holness a exprimé ses préoccupations quant à la lenteur de l’élan international en faveur d’Haïti, un membre de Caricom, et a affirmé son engagement à renforcer le soutien à ce pays.
Dans une intervention au cours de la conférence, Gaston Browne, Premier ministre d’Antigua-et-Barbuda, a souligné que le défi de la criminalité et de la sécurité représente l’une des menaces existentielles les plus significatives pour la région. « Cela nécessite une approche collaborative entre les pays de Caricom. Les criminels deviennent de plus en plus sophistiqués, et face aux activités criminelles transnationales, il est essentiel de conjuguer nos efforts », a-t-il déclaré.
Terrance Drew, le Premier ministre de Saint-Kitts-et-Nevis, a également salué cette approche régionale, précisant que la sécurité doit être abordée à plusieurs niveaux, Haïti étant malheureusement la zone la plus touchée. Il a appelé à une coordination entre tous les États membres de Caricom pour faire face à ce phénomène.
Malheureusement, alors que la conférence se tenait, Haïti était à nouveau assombrie par des actes de violence, culminant avec l’incendie de l’emblématique Hôtel Oloffson, à Port-au-Prince, par des gangs. Selon les rapports de l’ONU, plus de 4 000 personnes ont perdu la vie en Haïti depuis le début de l’année, soit une augmentation de 24 % par rapport à l’année précédente.
Lors d’une conférence de presse, Laurent Saint-Cyr, membre du Conseil présidentiel de transition d’Haïti, a rejoint les appels à une assistance régionale plus renforcée, plaidant pour des mesures contre le commerce illicite d’armes et le trafic de drogue qui exacerbent la crise haïtienne, rapporte le journal anglais The Guardian. « Haïti a besoin que la région s’exprime d’une même voix en faveur de la sécurité, de la paix et du développement durable », a-t-il affirmé.
Holness a proposé un cadre régional de justice et de sécurité, appelant à une réponse forte et coordonnée face à la violence croissante, qui, selon lui, a dépassé les limites de la criminalité de rue traditionnelle. « Nous devons démanteler l’influence des gangs dans nos communautés et perturber leurs finances. Je suis de ceux qui considèrent que nous devons lancer une guerre contre les gangs d’une ampleur similaire à celle de la ‘guerre contre le terrorisme’ », a-t-il déclaré.
Auparavant, les dirigeants caribéens avaient déjà exprimé leurs inquiétudes face à l’« épidémie de criminalité et de violence » dans la région, alimentée par des armes à feu illégales et des gangs criminels organisés. En 2024, Haïti, Trinidad-et-Tobago et la Jamaïque se sont classés au sommet des taux d’homicides en Amérique latine et dans les Caraïbes.
L’ancienne présidente de Caricom, Mia Mottley, Première ministre de la Barbade, a souligné dans son discours l’importance d’une action unie sur la question de la justice et de la sécurité, en pointant du doigt le trafic d’armes en provenance des États-Unis. « Nous payons un prix élevé pour le droit des citoyens américains », a-t-elle poursuivi.
Cependant, la Jamaïque a récemment enregistré une réduction significative de ses taux de meurtres, grâce à des investissements stratégiques importants dans la sécurité. Lors du sommet, Holness a présenté aux dirigeants caribéens certaines des technologies et stratégies de lutte contre la criminalité adoptées par son pays.
La conférence a également permis d’aborder le rôle de la Cour de justice des Caraïbes (CCJ) en tant que cour d’appel, avec un appel lancé par Mottley pour que davantage de pays adoptent cette institution. Elle a insisté sur la nécessité d’éduquer le public sur l’importance de la CCJ, qui est déjà la cour d’appel finale pour plusieurs nations, alors que d’autres continuent de se tourner vers le Conseil privé basé à Londres.
En somme, le sommet de Caricom a été l’occasion de réitérer l’urgence d’une réponse collective et déterminée face aux défis de sécurité qui menacent la région, dans le but de restaurer la paix et la stabilité en Haïti et au-delà.
JJJ / FcnHaïti


Chaque année, Caricom répète la même rengaine : “collaborer”, “conjuguer nos efforts”, “déclaration d’intention”… mais sur le terrain, rien ne change. Les armes et la drogue continuent d’entrer, les gangs prospèrent, et Haïti s’enfonce. Aucun plan opérationnel, aucun engagement à nommer ou sanctionner les vrais responsables, aucune stratégie claire pour couper les financements ou désarmer les réseaux mafieux.
La majorité des armes qui circulent en Haïti viennent des États-Unis avec la complicité de réseaux locaux connus de tous. Ces mêmes dirigeants caribéens n’ont jamais exigé de sanctions fortes contre les banquiers, les commerçants, les politiciens ni les oligarques impliqués. Faire la “guerre contre les gangs” tout en fermant les yeux sur le blanchiment d’argent, les complicités politiques et les livraisons d’armes, c’est de l’hypocrisie pure.