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Le papier de Jean MAPOU: …Et la montagne accoucha d’une souris


Par Jean Junior JOSEPH

J’aime les fins heureuses; des histoires qui se terminent bien. Tout en ignorant ce qui m’attend, j’aimerais que vous (mes lecteurs et amis) et moi pérennisions cette aventure autant que possible. D’une chronique en dent de scie au papier qui échappe à la rigueur de la ponctualité, je vous propose le même contenu rigoureux sous une autre appellation, «Le Papier de Jean MAPOU». S’il fallait que je m’arrête un jour j’aimerais que vous gardiez le meilleur de moi; en dépit du fait que nous vivions dans une société qui ne nous offre pas vraiment le meilleur.

Chez nous il n’y avait jamais eu de meilleures offres que les conditions dans lesquelles nous existons. Dans la politique, la culture, l’économie, l’offre n’a pas toujours été si alléchante; tous s’évertuent à jouer le jeu distrayant de l’ajustement de la misère.

Le papier de Jean MAPOU: …Et la montagne accoucha d’une souris

Ici les nouvelles viennent et vont vite. Tout s’oublie en un laps de temps, comme une nouvelle chanson qui en remplace une autre.

Dans peu de temps on n’entendra plus parler des massacres perpétrés dans les quartiers pauvres; le débat sur le pouvoir de Jovenel sera clos; comme pour la caravane. L’actualité sera tout bonnement remplacée; (an Ayiti se nouvel ki rantre nouvel) et ça, il y en a à profusion.

Un jour les nerfs, aujourd’hui chauffés à blanc, seront calmés ou substitués par d’autres, pour des raisons inconnues ou inavouables. Le projet nouvelle constitution tombera à l’eau sans que l’opposition n’en profite pour prendre son pied, ou peut-être qu’il se réalisera dans la similitude du 7 février 2021, sans que le pouvoir n’en fasse le point d’un nouveau départ. Et ce sera sans conséquence.

En Haïti tout passe comme une lettre à la poste; ne nous préoccupons point des gorges chaudes. Ce sont des chiens qui aboient plus qu’ils ne mordent. Des déclarations incendiaires de nos grandes gueules de politiciens.

Les différents massacres perpétrés sur les masses paysannes et défavorisées, les dossiers «coopérative, Téléco et petro-caribe», l’assassinat de Maitre Monferrier Dorval, ancien bâtonnier de l’ordre des avocats de Port-au-Prince et de Grégory Saint-Hilaire… tous des instruments politiques. Ils seront rebondis selon le contexte, les enjeux et les intérêts des forces en présence.

Et à chaque fois, comme toujours, la montagne accouchera d’une souris. Du départ des Duvalier aux mobilisations contre le référendum, rien n’aura bougé ni en nature ni en espèce. Tout se manigance, se transforme, se perd et s’accepte avec le temps. On finit soit par oublier, ou par se conformer.

Oh que j’aime les fins heureuses! Les histoires qui préfèrent ne pas se terminer pour que tout le monde puisse en tirer sa part. D’ailleurs c’est pour éviter les fins malheureuses que nous ne voulons jamais prendre les terminus.

Des crises qui se renouvellent, se prolongent, se caractérisent en conjoncture et se dynamisent jusqu’à ce qu’on passe à autre crise, on change de génération et perpétue l’héritage.

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