Le cri d’alarme de l’Alternative socialiste face à une transition fragilisée

À l’aube d’un changement à la tête du Conseil présidentiel de transition (CPT), Haïti se trouve à un carrefour historique, marqué par des enjeux cruciaux pour son avenir politique. Le parti Alternative socialiste (ASO), membre de l’Accord de Montana, a tiré la sonnette d’alarme, dénonçant ce qu’il qualifie de « complot » aux ramifications inquiétantes, impliquant notamment des négociations avec des groupes armés en vue d’assurer une « paix de façade ». Cette dynamique, selon l’ASO, fait obstacle à tout changement significatif, exacerbant la crise de gouvernance déjà omniprésente dans le pays.
Le mandat de Fritz Alphonse Jean, actuel président du CPT, qui doit céder son poste le 7 août 2025, s’apprête à être transféré à Laurent Saint-Cyr, un membre du secteur privé. Cette double représentation du secteur privé au sein de l’exécutif soulève des inquiétudes quant à la concentration du pouvoir et à l’érosion de l’équilibre institutionnel, un point largement critiqué par plusieurs acteurs politiques.
Jean-Paul Bastien, coordonnateur de l’ASO, émet des critiques acerbes à l’égard de la stratégie du CPT, qu’il accuse de chercher à « rouvrir les axes routiers » et de « s’emparer du pouvoir » au lieu de répondre aux besoins pressants d’une population lésée. Le mépris des aspirations populaires, illustré par des massacres impunis et une lutte contre l’insécurité jugée inefficace, alimente un sentiment croissant de frustration parmi les Haïtiens.
L’ASO attire l’attention sur la gestion opaque des fonds publics destinés à renforcer la sécurité, notamment à travers l’acquisition de drones, tandis que les chefs de gangs poursuivent leurs activités criminelles sans entrave. De surcroît, le parti dénonce les contradictions internes au sein du CPT, affirmant que ces dernières exacerbent la crise de gouvernance.
Pour l’ASO, la sortie de crise ne pourra se réaliser qu’à travers une rupture claire avec les acteurs ayant participé au désastre actuel. L’exclusion formelle de personnalités compromises et la nécessité d’une gouvernance véritablement démocratique se posent avec acuité. « Un peuple sans mémoire est un peuple condamné à disparaître », prévient le coordonnateur, rappelant l’importance de l’intégrité et de la justice sociale.
Les critiques envers l’expérience du CPT, jugée caduque, se renforcent au sein de l’Accord de Montana. Le Bureau de suivi de l’accord (BSA) exige la démission collective des membres du CPT et du gouvernement, les accusant de trahison des engagements pris le 3 avril 2024. Cette demande témoigne d’une profond malaise et d’une demande de remise à plat des processus en cours.
À travers des concertations en cours avec d’autres forces progressistes, l’ASO aspire à élaborer un projet politique en phase avec les véritables aspirations populaires, visant à restaurer la souveraineté et la démocratie en Haïti. En somme, alors que le pays se débat dans une gouvernance chaotique, l’urgence d’une action concertée et d’une réforme institutionnelle s’impose plus que jamais.
JJJ / FcnHaïti

