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Le Conseil de sécurité des Nations Unies se prépare, une fois de plus, à examiner la crise en Haïti

Ce mois-ci, le Conseil de sécurité des Nations Unies tiendra une réunion cruciale pour discuter de la situation alarmante en Haïti, marquée par une escalade de la violence et une détérioration inédite des conditions de vie. María Isabel Salvador, Représentante spéciale et Cheffe du Bureau intégré des Nations Unies en Haïti (BINUH), présentera les derniers développements politiques, sécuritaires et humanitaires, ainsi que le rapport du Secrétaire général sur les actions de la mission onusienne dans le pays.

Haïti est confronté à une crise de sécurité urbaine exacerbée par la prolifération de gangs armés. Selon les rapports de l’ONU, environ 85 % de Port-au-Prince est désormais sous le contrôle de ces groupes criminels, qui sont responsables d’une vague d’enlèvements, de violences sexuelles et de meurtres. Cette situation a plongé la population dans une insécurité extrême, entraînant des déplacements massifs et aggravant la crise humanitaire déjà en cours. L’absence d’élections depuis 2016 a également contribué à la détérioration de la gouvernance.

Les événements récents, tels que le massacre tragique à Cité Soleil en décembre 2024 qui a fait plus de 180 morts, ont porté à plus de 5 000 le nombre de victimes liées aux violences des gangs cette année-là. Dans le même temps, les infrastructures essentielles, notamment l’aéroport international de Port-au-Prince, sont devenues des cibles pour ces groupes, posant d’importants défis logistiques et sécuritaires.

Le Conseil de sécurité des Nations Unies se prépare, une fois de plus, à examiner la crise en Haïti

Les conséquences de cette insécurité sur les conditions de vie des Haïtiens sont désastreuses. Plus de 700 000 personnes sont désormais déplacées, et près de la moitié de la population souffre d’insécurité alimentaire aiguë. Par ailleurs, des inondations survenues à la fin de 2024 ont exacerbé la détresse des populations déjà vulnérables.

La Mission de soutien sécuritaire (MSS) haïtienne, qui ne compte actuellement que 400 policiers sur les 2 500 prévus, est loin d’être suffisante pour contenir le climat de violence. Bien que sa mission ait été prolongée par la résolution 2751 en septembre 2024, les ressources humaines et financières disponibles restent fortement limitées.

Face à cette situation, le Conseil de sécurité envisage la possibilité de transformer la MSS en une mission de maintien de la paix financée par le budget régulier de l’ONU. Cependant, cette proposition fait face à une forte résistance de certains membres permanents, notamment la Chine et la Russie, compliquant les discussions pour une réponse efficace à la crise.

Dans ce contexte fragile, l’ONU appelle à des actions concrètes pour renforcer la police nationale haïtienne et organiser des élections d’ici février 2026. Toutefois, le trafic d’armes et les divisions internes continuent de freiner ces efforts.

La réunion prévue du Conseil de sécurité en janvier 2025 sera décisive pour établir une feuille de route en vue de stabiliser un pays déjà affaibli par des crises politiques, sécuritaires et économiques. Les décisions prises lors de cette réunion pourraient déterminer l’avenir d’Haïti et le sort de millions de ses habitants.

Jean Joceler JEAN
FcnHaiti

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