L’ANNIH dénonce l’échec du CPT en Haïti et appelle à une démission urgente

L’Association nationale des normaliens indépendants d’Haïti (ANNIH) exprime aujourd’hui une vive préoccupation face au bilan jugé désastreux du Conseil présidentiel de transition (CPT) depuis son installation en avril 2024. Dans un environnement marqué par une instabilité institutionnelle exacerbée par l’emprise croissante des groupes armés et un vide constitutionnel sans précédent, l’ANNIH constate, un an après sa mise en fonction, l’incapacité manifeste du CPT à répondre aux attentes d’une population éreintée par la violence et l’insécurité.
Malgré les engagements pris pour restaurer l’ordre, la paix et la sécurité, les réalités de terrain révèlent une situation alarmante. Selon les données fournies par Human Rights, près de 1,5 million de personnes ont dû fuir leurs foyers, alors que les actes criminels continuent d’augmenter, souvent tolérés par les forces de l’ordre, qu’il s’agisse de la Police Nationale Haïti (PNH) ou de la Force multinationale dirigée par le Kenya. Le sentiment d’impuissance et de désespoir croît, alimenté par l’absence de réelles initiatives pour contrer les bandes armées et restaurer un climat de sécurité.
En outre, le CPT est accusé d’un manque de leadership flagrant, n’ayant pas élaboré de feuille de route claire pour guider le pays vers une sortie de crise. Les désaccords internes au sein du Conseil fragilisent encore davantage sa légitimité, rendant impossible l’organisation d’élections, une condition sine qua non pour le renouvellement des instances politiques et le retour à l’ordre constitutionnel. Cette paralysie des mécanismes démocratiques est vécue comme une profonde trahison par un peuple en quête de stabilité et de cohésion.
L’absence de projets significatifs et de réformes structurelles a favorisé une culture de prédation au sein du gouvernement, où l’enrichissement personnel semble primer sur l’intérêt collectif. Les scandales de corruption, tout comme le train de vie ostentatoire des dirigeants, alimentent un ressentiment grandissant. En isolant les forces vives de la nation – telles que la société civile, les organisations populaires et les mouvements de jeunesse – le CPT scelle son sort et celui de l’État, transformé en simple instrument au service d’intérêts étrangers.
Dans ce contexte, le désenchantement de la population est palpable, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays. Les manifestations de colère et de frustration se multiplient, illustrant l’écart flagrante entre les promesses d’un avenir meilleur et la morosité actuelle. Ce climat de mécontentement légitime « le constat d’échec » qui se répand dans le débat public, frappant à la porte de la conscience collective.
Il est indéniable qu’après une année de gouvernance, le CPT souffre d’une carence d’efficience, d’atteintes aux résultats tangibles et d’une absence profonde de confiance. L’ANNIH, dans sa position en tant que porte-voix des aspirations haïtiennes, appelle instamment à une prise de conscience et à la nécessité pour le CPT de reconnaître ses échecs et, par conséquent, de démissionner avant de plonger davantage le pays dans l’impasse.
Ainsi, Haïti se trouve à la croisée des chemins. Seule une réévaluation sérieuse de la gouvernance actuelle pourrait permettre de rendre espoir à un peuple fatigué de promesses non tenues et de décisions inappropriées.
FcnHaïti

