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La chronique de Jean Mapou:Dénonçons l’assassinat d’Evelyne en attendant le prochain crime!


Par Jean Junior JOSEPH
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La nouvelle a eu l’effet d’une bombe et c’est ce qui prouve notre hypocrisie sociale. Avant la découverte de son cadavre abandonné dans une décharge à Delmas 24, Evelyne était anonyme. Elle vivait dans la crasse dans le bidonville de Gran Ravin, un quartier populeux de Martissan au sud de la capitale. Alors qu’est ce qui lui a valu cet honneur, en attendant un autre nom sur la liste des victimes?

Le Dimanche 1 novembre 2020, j’étais jusque-là en panne de concentration, je soufrait du syndrome de la page blanche. Le directeur de publication s’en plaignait à chaque fois. Mais durant tout ce temps perdu, je me contentais simplement d’écrire quelques articles qui contribuent à alimenter le site.

Quand mon ami Calas m’a appelé pour me faire part de son indignation, j’avais envie de lui balancer à la figure: «Sale hypocrite»! au moment même où j’allais me rendre compte de mon hypocrisie par mon espèce de silence complice. Tous les jours je critique, dénonce, je me plains en rejetant toujours la faute sur gouvernement ou sur les autres. Et je suis convaincu que c’est aussi votre routine.

En regardant sur les réseaux sociaux, je me suis dit , oh la vache ! Est-ce que nous avons toujours été un peuple d’assassin? En 1806, nous avons assassiné le père fondateur de notre nation, et depuis nous avons assassiné pas mal de caractère, d’âmes, de consciences, de présent et d’avenir. Nous n’avions rien épargné, même l’environnement a subi notre fureur.

Combien d’Evelyne avions nous assassinées?, combien d’autres devrons encore sacrifier pour parvenir à nous en rendre compte? Tant de jeunes filles harcelées, bafouées ,violées après les avoir abusées pour un misérable job avec un salaire de misère. Tant d’Evelyne travaillant dans vos bars pour pour obtenir un pourboire de 5 gourdes sur chaque bière, font le ménage dans vos chambres alors que vous les harcelez à l’insu de votre femmes. Tant d’Evelyne dans les boites de nuits, sur les trottoirs, ou qui se prostituent pour une lettre de nomination dans la fonction publique ou dans un consulat… les exemples en sont nombreux et n’en finiront pas.

Si vous aviez été mis au courant pour les négociations entre sa famille et les ravisseurs qu’auriez-vous fait. Alors qu’elle vivait dans la crasse à Gran ravin. Elle était peut-être de celles qui se démènent chaque jour pour se nourir et aider les siens. Qu’avions nous fait? Rien du tout. Que ferons-nous pour toutes les autres Evelyne assassinées chaque jour? Rien. Bien sûr nous en avons fait des choses. Nous dénonçons en attendant le prochain événement. Nous avons dénoncé l’assassinat de Jose Kerby Dessources, ainsi que celui des bébés de 4 et 9 mois. Sans oublier les victimes de La Saline, de Tokyo, du Bel-Air, de la ruelle Mayard, de Gran ravin, parallèlement le meurtre de Monferrier Dorval et de Gregory Saint-Hilaire. Maintenant c’est le tour d’Evelyne en attendant la liste s’allonge.

Nous ne faisons que ça et la vie continue… les roues de la république continuent de tourner.

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