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La chronique de Jean MAPOU: Entre le pouvoir de contrôle et le contrôle du pouvoir, où se situe le pouvoir?


Par Jean Junior JOSEPH

Quand j’avais fait part du titre de ma nouvelle chronique à ma muse elle a mis du temps à saisir la nuance dans la répétition de la terminologie POUVOIR… En fin, je crois qu’on dit d’un grand pouvoir se découle de grandes responsabilités, mais en Haïti, pouvoir et responsabilités ne collent jamais, car on dit aussi «l’homme aux abords du pouvoir n’est pas celui au pouvoir».

Dans mon dernier papier, j’avais essayé de vous dérouter du sujet dès les premières attaques. Hé merde! je viens de vendre la mèche. Maintenant vous allez peut-être ne plus vouloir entrer dans mes petites combines de journaliste d’opinion qui cherche à vous faire jouer un rôle dans le combat que je me suis chargé de mener…

Quelques années avant le débarquement des yankees, les luttes intestines existaient dans le pays. Les Cacos dans le nord et le Piquets dans le sud s’affrontèrent. Le déclic de ce conflit n’était pas ce qu’on a voulu nous faire croire dans nos livres d’histoires.

Les haïtiens ne font jamais le choc des idées, pour ainsi faire jaillir la lumière. Le combat de mes concitoyens n’a jamais été de faire valoir les meilleurs moyens voire même les meilleures méthodologies, surtout que nous avons écarté la science de toute activité politique, depuis plus de 30 ans.

En 1901 les Cacos s’opposèrent aux piquets à cause de la construction du chemin de fer qui devait relier la ville du Cap et celle de Port-au-Prince. Ils ne se mirent point d’accord sur l’utilité du projet. Mais ils s’entendirent à se battre pour contrôler les travaux, le budget, la main-d’œuvre et j’en passe.

Ce qu’ils devaient savoir à l’époque, c’est qu’ils ne pouvaient rien contrôler. D’ailleurs depuis l’assassinat de l’Empereur les haïtiens ont perdu le sens de ce qui sous-entend maitre de soi-même. Quel fut le premier dirigeant ayant gouverné le pays sans avoir eu à rendre compte soit à des ambassades, soit aux puissants et mafieux du secteur privé des affaires ou peut-être même des trafiquants de toute sorte de produits illicites.

Nous n’avons jamais été responsable envers nous-même, voire envers ceux qui devaient placer en nous tous leurs espoirs, avec de grandes attentes. Voilà pourquoi il n’y a jamais eu de grands pouvoirs en Haïti, tous des fripouilles et des enfoirés de première. Oh! Pardon pour les gros mots.

Qui a vraiment le pouvoir ou qui ne l’a jamais eu en Haïti? Nos chers chefs aiment trop être redevables… le parlement, redevable envers ses patrons, contrôle l’exécutif qui lui aussi a les pieds et mains liés. La justice est tenue en état par des bandits, qui, je le rappelle, ont l’habitude de donner ultimatum aux juges de vider les lieux d’un tribunal.

Qui d’entre nous voudra être président avec un couteau constamment sous la gorge pour vous forcer à payer pour circuler en hélicoptère, alors que votre cortège terrestre compte plus d’une dizaine de véhicules; ou accepteriez-vous de prendre le pouvoir en hypothéquant votre mandat pour de l’humiliation au nom de l’aide humanitaire.

Au sens haïtien du terme, le contrôle du pouvoir renvoie à une façon de tenir en leste les gentils petits toutous à titre d’hommes et de femmes d’État pour servir et défendre les intérêts des dominants, et le pouvoir de contrôle consiste à bien faire ce travail: veiller à ce rien ni personne ne perturbe l’ordre de leur maitre, en effet, le désordre établi.


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