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Insécurité : Le cri de détresse des populations de Ganthier et Fonds-Parisien, abandonnées à leur sort

Un sentiment de détresse s’installe à Fonds-Parisien, une localité voisine de Ganthier où des centaines de personnes affluent depuis plusieurs mois. Notamment des populations en provenance de Ganthier et Croix-des-Bouquets ayant fui l’attaque des bandits qui sèment la terreur dans ces deux communes depuis belle lurette. Face à la menace qui pèse sur Fonds-Parisien, plusieurs organisations locales dont le Comité parole et action pour le développement de Fond-Parisien (COPADEF), KOKORIKO, Fanm Ayisyen Solidarité Haitienne de défense des droits humains (SOHDDH) et l’Union des jeunes chrétiens de Fond-Parisien (UJECHREF), dans une note conjointe, dénoncent la passivité de la police nationale d’Haïti (PNH) qui selon eux, ne prend aucune mesure pour protéger et sécuriser cette zone.

Depuis plusieurs années, Haïti traverse une période de turbulence où l’État semble défaillant face à l’ascension fulgurante des gangs armés. Ces groupes criminels, mieux organisés et plus violents que jamais, imposent leur loi dans de nombreux quartiers de la capitale, Port-au-Prince, et au-delà. Loin de se contenter de simples actes de banditisme, ces gangs ont réussi à prendre le contrôle des routes nationales, de zones entières, dictant leurs règles aux habitants. Kidnappings, extorsions, assassinats et affrontements violents font désormais partie du quotidien des citoyens. C’est le constat alarmant présenté par ces organisations de base pour montrer à quel point la situation sécuritaire du pays est inquiétante, déclarant qu’après la région métropolitaine de Port-au-Prince et des villes de province, Ganthier, une ville située sur la Route Nationale #8, près de la frontière Malpasse-Jimani, est venue s’ajouter à la liste des territoires perdus.

Parlant du territoire perdu, les citoyens dans cette note rendue publique, ont rappelé que depuis bientôt six mois, plus précisément le 21 juillet 2024 vers 3 heures du matin, les habitants de Ganthier se sont réveillés sous un concert de tirs d’armes automatiques des bandits de 400 Mawozo. Obligés de fuir leurs demeures, ils se sont réfugiés dans d’autres villes, notamment à Fond-Parisien. Ne sachant à quel saint se vouer, et malgré les multiples appels à l’aide lancés aux autorités compétentes, les habitants de Ganthier sont livrés à eux-mêmes : sans vêtements, sans logement, sans aides étatiques. Ceux qui étaient jadis des propriétaires sont désormais des déplacés internes, cherchant une vie paisible, un droit fondamental garanti par la Constitution haïtienne.

Et comme si cela ne suffisait pas, depuis environ sept semaines, Fond-Parisien, une localité voisine de Ganthier et lieu d’accueil des nouveaux déplacés, subit des attaques et des menaces de toutes sortes de la part des bandes armées. Cette situation de panique a ralenti toutes les activités dans la zone, les bandits continuant à imposer leur loi. Le désespoir envahit chaque coin de la ville. Les rumeurs, souvent exagérées, se propagent à une vitesse fulgurante, alimentant une panique générale. Des bruits de nouveaux affrontements, des menaces de raids ou d’attaques futures contre les civils se propagent rapidement, laissant la population dans une incertitude totale. La peur, palpable dans chaque regard, étouffe les cœurs et alourdit l’atmosphère. Les femmes, les enfants, les personnes âgées… tous vivent dans un état de tension extrême, incertains de ce que leur réserve le lendemain.

L’absence de réaction claire et coordonnée de l’État selon la note des organisations, englué dans une crise politique et institutionnelle chronique, laisse ces gangs agir en toute impunité. « Dans ce contexte chaotique, le pouvoir central, fragilisé par des luttes internes et des ressources limitées, semble incapable de rétablir l’ordre, abandonnant une population désespérée et vulnérable face à la montée en puissance de ces seigneurs de la guerre urbaine ».

« Alors, face à la menace grandissante qui pèse sur Fond-Parisien et ses zones avoisinantes, il est impératif que l’État haïtien, à travers la Police Nationale et les Forces Armées, réagisse rapidement et avec fermeté. Des réponses concrètes doivent être apportées, et les autorités doivent assumer leur responsabilité face à l’agonie d’une population désormais à bout de souffle », réclament ces organisations qui croient que les appels à l’aide ne peuvent plus rester sans réponse. Il en va de la survie de milliers de citoyens haïtiens qui, aujourd’hui, sont suspendus à un fil. Le temps n’est plus aux discours, mais à l’action. Le pays a besoin de leadership, de solidarité et de mesures immédiates pour protéger ses citoyens et restaurer la paix dans ces zones en péril.

Faut-il souligner que le dernier rapport de l’ONU publié le 28 octobre 2024, révèle que près de 85 % des zones de la région métropolitaine de Port-au-Prince sont désormais sous l’emprise des bandits. Entre le 11 et le 20 novembre 2024, l’Organisation Internationale pour les Migrations (OIM) a recensé plus de 40 000 nouveaux déplacés, portant à plus de 700 000 le nombre total de personnes déplacées depuis le début de la crise.

Le pire, face à la spirale de violence, le pays a déjà perdu plusieurs de ses fils et ses filles, de ses professionnels, plusieurs de ses « Madan Sara » et même son ex président élu, Jovenel Moïse.

FCN Haïti

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