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Hinche : l’OCNH s’inquiète de la crise humanitaire grandissante à la Ferme Agricole de Papaye et appelle les autorités à agir

Les conditions de vie des personnes déplacées internes (PDI) installées sur le site de relocalisation de la Ferme Agricole de Papaye, dans le département du Centre, suscitent de vives inquiétudes. Dans un rapport publié après une mission d’observation menée le 9 juillet 2026, l’Organisation des Citoyens pour une Nouvelle Haïti (OCNH) identifie plusieurs risques humanitaires.

L’organisation évoque notamment des problèmes liés à l’alimentation, à l’accès à l’eau potable, à la sécurité, aux infrastructures sanitaires et à la protection des femmes et des enfants.

Cette mission intervient alors que le département du Centre accueille un nombre croissant de familles ayant fui les violences armées dans l’aire métropolitaine de Port-au-Prince. Plusieurs ménages ont été progressivement transférés vers le site de la Ferme Agricole de Papaye.

Hinche : l'OCNH s'inquiète de la crise humanitaire grandissante à la Ferme Agricole de Papaye et appelle les autorités à agir

Des risques alimentaires et un manque de coordination sur le site

L’OCNH indique que les réserves alimentaires disponibles sur le site étaient proches de l’épuisement à partir du 10 juillet. Selon l’organisation, aucun programme de distribution de vivres ni de transferts monétaires n’était prévu lors de l’évaluation.

Cette situation expose particulièrement les enfants, les femmes enceintes ou allaitantes ainsi que les personnes âgées à un risque accru de malnutrition et d’insécurité alimentaire.

Le rapport souligne aussi l’absence d’un comité officiel de gestion représentant les déplacés. Une telle structure faciliterait la coordination des activités et le dialogue avec les autorités.

Les agents locaux de la Direction générale de la Protection civile (DGPC) rencontrent également des difficultés logistiques limitant leur présence permanente sur le site.

Entre risques d’incendie et manque de sécurité, les conditions de vie restent fragiles

L’OCNH attire l’attention sur les conditions de fonctionnement de la cuisine collective. Six bonbonnes de gaz propane de grande capacité sont installées près des foyers de cuisson, sans protection adaptée.

L’organisation estime que cette configuration augmente les risques d’incendie ou d’explosion dans un espace accueillant plusieurs centaines de personnes.

Le site souffre aussi d’un manque de surveillance nocturne. Aucun dispositif permanent assuré par la Police nationale d’Haïti (PNH) ou une équipe communautaire n’est actuellement opérationnel.

Les infrastructures sanitaires représentent une autre source d’inquiétude. Plusieurs portes des douches réservées aux femmes et aux filles ont été arrachées ou vandalisées.

Selon l’OCNH, le manque d’intimité, d’éclairage et de sécurité favorise les risques de harcèlement, d’exploitation et de violences basées sur le genre.

Les besoins en eau potable et en aide humanitaire s’intensifient sur le site

Le site dispose de huit blocs sanitaires comprenant 24 latrines. Toutefois, l’approvisionnement en eau potable demeure insuffisant pour répondre aux besoins des déplacés.

L’Organisation internationale pour les migrations (OIM), qui assurait les premiers travaux d’aménagement, doit prochainement transférer la gestion des services d’eau, d’hygiène et d’assainissement à Handicap International.

Le rapport précise que le transport vers les points de vente d’eau coûte environ 400 gourdes aller-retour. À cela s’ajoute le prix d’un gallon d’eau, estimé à près de 300 gourdes, une dépense difficile à supporter pour plusieurs familles.

Par ailleurs, 72 familles représentant 314 personnes, auparavant hébergées au centre provisoire de l’EFACAP de Hinche, ont déjà rejoint le site de Papaye.

Ces ménages ne disposent toujours pas d’espaces de cuisson autonomes. Ils dépendent de la solidarité des autres secteurs du site pour recevoir deux repas quotidiens.

Face aux risques identifiés, l’OCNH annonce le déploiement d’Espaces sûrs avec l’appui du Fonds des Nations unies pour la population (UNFPA). Ces espaces proposeront un accompagnement psychosocial, une orientation médicale et juridique ainsi que des activités de prévention contre les violences basées sur le genre.

L’organisation appelle le gouvernement haïtien, la DGPC, la mairie de Hinche et la PNH à renforcer la sécurité du site. Elle recommande notamment des patrouilles régulières et une présence nocturne permanente.

Aux partenaires humanitaires, dont le PAM, l’OIM, Handicap International, l’UNICEF et les ONG, l’OCNH demande une assistance alimentaire urgente. Elle réclame aussi la sécurisation des installations de gaz, la réparation des sanitaires et un approvisionnement régulier en eau potable.

Selon l’OCNH, une réponse rapide et coordonnée est nécessaire pour éviter une aggravation de la crise humanitaire. Plusieurs centaines de personnes déplacées continuent de vivre dans des conditions précaires à la Ferme Agricole de Papaye.

Fact Checking News (FCN)

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