Haïti: un rapport du GADH accuse d’instrumentalisation du secteur des droits humains sur deux décennies

Le Groupe d’Action pour la Défense des Droits Humains (GADH) a publié un rapport de 9 pages dénonçant ce qu’il qualifie d’instrumentalisation du discours des droits humains et de dérives institutionnelles ayant affecté ce secteur en Haïti au cours des vingt dernières années.
Dans ce document, le GADH met en cause le responsable du Réseau National de Défense des Droits Humains (RNDDH), Pierre Espérance, présenté comme un acteur ayant, selon le rapport, utilisé le champ des droits humains comme levier de pouvoir politique, judiciaire et financier.

Pour étayer ses accusations, le GADH cite une série d’évènements considérés comme emblématiques de cette instrumentalisation présumée, parmi lesquels: le massacre de La Scierie à Saint-Marc en 2004, l’affaire Calixté Valentin et Octanol Dérissaint en 2012, l’utilisation par la PNH de drones kamikazes en 2022, les accusations contre le directeur de la Police judiciaire, Marc Justin, ainsi que les mises en cause récentes visant le secrétaire d’État à la Sécurité publique, Mario Andresol, en 2026.
À la suite de l’analyse de ces dossiers, le rapport fait état de dérives qualifiées de graves au sein du secteur. Parmi elles, l’organisation mentionne la fabrication de fausses accusations, l’instrumentalisation des procédures judiciaires, le maintien arbitraire de personnes en détention, le blocage systématique d’interventions visant à protéger les victimes, et l’entrave au respect de l’État de droit.
Selon le GADH, ces dérives deviennent possibles lorsque un individu ou une organisation exerce un contrôle excessif sur la justice et la police.
Le GADH affirme, dans son rapport, ne pas intervenir sur les questions de financement ou de positionnement politique des organisations de défense des droits humains. Il indique concentrer son action sur la protection des personnes, la documentation des violations, et la promotion de l’intégrité des institutions.
L’objectif déclaré est que selon le GADH, «la justice et la police servent réellement les citoyens». De telles pratiques ne font que polluer l’environnement des droits humains et déplacer le combat des acteurs crédibles vers d’autres sources de motivation pour la satisfaction d’intérêts mesquins.
FcnHaïti
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