Haïti : Remplacement de la MMSS par une Force de répression des gangs. Quid de la résolution adoptée par l’ONU*

_Le Conseil de sécurité des Nations Unies a adopté une résolution transformant la Mission multinationale d’appui à la sécurité (MMAS) en une Force de répression des gangs (FRG), pour une période initiale de douze mois.
«La FRG pourra mener des opérations antigang ciblées et fondées sur le renseignement afin de neutraliser, d’isoler et de dissuader les gangs», a élaboré le texte, précisant que toutes les actions devront se dérouler dans le strict respect du droit international, y compris le droit international des droits humains, et dans le plein respect de la souveraineté d’Haïti.
Le texte met un accent particulier sur les enfants et les groupes vulnérables: « les gangs comptent parmi leurs membres une proportion importante d’enfants», a-t-on écrit. La FRG devra soutenir la Police nationale d’Haïti (PNH) et les Forces armées pour garantir la sécurité des civils, des infrastructures critiques et faciliter l’accès à l’aide humanitaire.
Pour appuyer la FRG, un Bureau d’appui des Nations Unies en Haïti (BANUH) sera créé, chargé de fournir rations, hébergement, transport et moyens de communication. La résolution prévoit également une collaboration avec l’OEA, qui apportera un soutien technique à la PNH lors d’opérations conjointes.
Le Conseil insiste sur la transparence et la discipline des contingents. «Les États Membres doivent appliquer les normes les plus élevées de transparence, de déontologie et de discipline», lit-on. La FRG pourra également adopter «des mesures temporaires d’urgence de portée limitée, assorties de délais, proportionnelles et compatibles avec les objectifs», a garanti la résolution.
Un suivi strict est prévu. «Le Représentant spécial définira une stratégie et des paramètres permettant de mesurer le succès de la mission», a renchéri le document, tandis que le Secrétaire général devra rendre compte régulièrement de l’application de la résolution et de l’utilisation des fonds destinés à la FRG.
Le Conseil de sécurité souligne la gravité de la situation en Haïti: « la violence des gangs, les activités criminelles, les déplacements massifs de civils, les violations des droits humains et la crise alimentaire et nutritionnelle aiguë», a-t-il affirmé. La FRG représente une réponse directe à cette crise multiforme, tout en affirmant le respect de la souveraineté nationale et des droits humains.
FcnHaïti

