Haïti: l’Opposition progressiste appelle à la création d’un «Front du Refus»

L’Opposition progressiste hausse le ton face à la crise politique et sécuritaire. Dans une déclaration datée du 5 août 2026, elle appelle les forces politiques et sociales à se regrouper au sein d’un « Front du Refus » pour s’opposer à un processus électoral qu’elle juge incapable de sortir Haïti de l’impasse.
Pour ces acteurs de l’opposition, Haïti est confrontée à un «effondrement de l’autorité publique», à la généralisation de l’insécurité, à la corruption et à une profonde crise de confiance envers les institutions. Ils estiment que la démocratie elle-même est aujourd’hui menacée.

Le «Front du Refus», précisent-ils, ne serait pas une alliance politique circonstancielle, mais un mouvement destiné à défendre la souveraineté populaire, restaurer l’État de droit et réunir les conditions nécessaires à l’organisation d’élections libres, inclusives et crédibles.
Trois refus contre le processus actuel
L’Opposition progressiste articule son positionnement autour de trois principaux refus.
Elle rejette d’abord la capacité du pouvoir en place à conduire les prochaines élections, l’accusant d’être dépourvu de légitimité démocratique, marqué par des accusations de corruption et incapable de garantir la sécurité de la population et le fonctionnement normal des institutions.
Elle dénonce ensuite ce qu’elle qualifie d’hypocrisie internationale, reprochant à certains acteurs étrangers de reconnaître la gravité de la crise sécuritaire tout en soutenant un calendrier électoral jugé déconnecté de la réalité haïtienne.
Enfin, l’opposition s’oppose à l’adoption d’un décret électoral sans consensus national. Elle redoute que les prochaines élections ne servent qu’à «recycler les mêmes élites» et à reproduire les conditions ayant conduit à la crise actuelle.
«Nous ne refusons pas les élections»
L’Opposition progressiste insiste toutefois sur un point: son «Front du Refus» ne constitue pas, selon elle, une opposition au principe même des élections. Elle affirme vouloir créer les conditions politiques, institutionnelles et sécuritaires permettant au peuple haïtien de choisir librement ses dirigeants.
Dans cette perspective, elle appelle les partis politiques, syndicats, organisations sociales, mouvements de jeunesse et de femmes, universitaires, acteurs économiques et membres de la diaspora à rejoindre une mobilisation nationale.
Le message est clair: l’opposition dit vouloir empêcher la reproduction du système actuel plutôt que bloquer les élections. Elle place ainsi le pouvoir face à un nouveau défi politique, alors que le pays cherche toujours une issue à une crise institutionnelle et sécuritaire persistante.
«Le temps est venu de choisir entre la perpétuation du chaos ou le rétablissement de l’ordre constitutionnel et institutionnel», conclut la déclaration.
FcnHaĩti

