Haïti : le chargé d’affaires Henry Wooster alerte sur les gangs qui menacent l’État avec des armes venues des États-Unis

Les gangs armés constituent l’une des principales menaces à la sécurité et à la stabilité d’Haïti. Devant le Sénat américain, le chargé d’affaires des États-Unis en Haïti, Henry Wooster, a estimé que ces groupes rassemblent plus de 12 000 membres, dont environ 3 000 formant un noyau dur bien équipé et entraîné, capable de contrôler des quartiers entiers et de défier les forces de l’ordre qui sont nettement inférieur en effectif.
Par ailleurs, Henry Wooster a indiqué que l’effectif total de la Police Nationale d’Haïti (PNH) s’élève à 6 000 agents, mais seulement 400 d’entre eux sont réellement engagés dans les opérations de lutte contre les gangs armés. Cette situation souligne les limites opérationnelles des forces de sécurité face à l’ampleur de la menace et à l’organisation des groupes criminels.

Le diplomate a alerté sur l’ampleur de cette menace, affirmant que la combinaison d’une criminalité organisée et d’institutions fragiles rend Haïti particulièrement vulnérable à la violence. Selon lui, le pays est confronté à une instabilité chronique qui entrave le fonctionnement des institutions publiques et limite la protection des citoyens.
Henry Wooster a également souligné que la crise politique aggravait la situation sécuritaire. L’absence d’élections nationales depuis plus de dix ans, le manque de consensus au sein de la classe dirigeante et l’absence de réformes structurelles fragilisent l’État et compliquent toute tentative de rétablissement de l’ordre public.
Pour faire face à cette urgence, Washington a annoncé un renforcement du soutien aux forces de sécurité haïtiennes, incluant la fourniture de matériel, un appui logistique et des programmes de formation spécialisés. Les autorités américaines ont également validé l’intervention encadrée d’une société privée de sécurité, autorisée à recourir à la force létale contre les gangs pour sécuriser les zones sensibles et restaurer l’autorité de l’État.
Dans un pays où l’insécurité s’enracine, la question demeure : ces mesures suffiront-elles à inverser la tendance ? A souligner l’ironie de la situation, puisque les armes utilisées par les gangs proviennent en partie des États-Unis, alimentant indirectement l’insécurité que Washington prétend combattre.
Fact Checking News (FCN)

