Haïti : La crise alimentaire aiguë poursuit sa course de croisière, la CNSA appelle à des actions pour endiguer ce fléau

La sécurité alimentaire continue de se détériorer dans le pays. Les résultats de la mise à jour de l’analyse du Cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire (IPC), révèlent que plus de 5.7 millions de personnes, (soit 51% de la population) sont confrontées à des niveaux élevés d’insécurité alimentaire aiguë pour la période allant du mois de mars à juin 2025, contre 49% en août 2024. Soit une augmentation de 2% par rapport à la situation qui a été établie en août dernier.
En dépit du changement opéré au sein du gouvernement et des promesses au peuple haïtien, le pays reste embourbé dans une insécurité alimentaire aiguë. Récemment, la Coordination nationale de la sécurité alimentaire (CNSA) a présenté les résultats de la mise à jour de la projection de l’analyse l’IPC de l’insécurité alimentaire.
Lors de la présentation de ces résultats déroulée sous les yeux des représentants des agences onusiennes ( la FAO et le PAM), du DC du ministre de l’agriculture, l’Agr Aldrin Calixte, des cadres du ministère de l’agriculture et de la CNSA, on a révélé que 5.7 millions de personnes, (soit 51% de la population) sont confrontées à des niveaux élevés d’insécurité alimentaire aiguë pour la période de mars à juin 2025, soit un niveau d’insécurité alimentaire historiquement jamais atteint, d’après les analystes de la Coordination nationale de la sécurité alimentaire (CNSA).
Sur les 5.7 millions de personnes qui sont en situation d’insécurité alimentaire, plus de 8 400 personne vivent dans des camps de déplacés. Et ces dernières souffrent d’une faim catastrophique dans la phase 5 de l’IPC. Outre cela, 2.1 millions de personnes, soit 19% de la population analysée se trouvent en phase 4 de l’IPC (urgence) sont confrontées à une insécurité alimentaire critique, tandis que 3.6 millions, représentant 32% de la population analysée sont classées en phase 3 de l’IPC (Crise), d’après les analystes.
Les violences des gangs armés, les événements météorologiques, les chocs économiques, sont parmi les facteurs qui sont à l’origine de la crise alimentaire persistante dans le pays, a démontré la CNSA, qui a en outre expliqué que, pour la période allant de Mars à Juin 2025, 16 zones sont classées en situation d’urgence (phase 4 de l’IPC ) contre 15 sur la dernière analyse. Port-au-Prince, Delmas, Croix-des-Bouquets, camp des déplacés, Cité-Soleil, Sud-Est, Aquin, La Gonâve, Nord-Ouest, Nippes, Grand-Anse et le Haut-Artibonite, sont parmi les 16 zones les plus touchées par cette crise alimentaire, un record historique.
Face à la gravité de l’insécurité alimentaire, la CNSA ne cesse de plaider en faveur des actions urgentes, afin d’endiguer la détérioration de la sécurité alimentaire et nutritionnelle des populations, particulièrement dans les camps et toutes les zones classées en Phase 4. Dans cette lignée, la CNSA invite les autorités compétentes à fournir une assistance alimentaire et en cash monétaire d’urgence aux ménages, mettre en place des activités de génératrice de revenus pour pouvoir renforcer l’autonomie des femmes et leurs moyens d’existence.
Faut-il souligner que l’assistance alimentaire n’est pas la seule réponse aux crises alimentaires. Le ministère de l’agriculture doit prendre des dispositions pour renforcer le secteur agricole et sur le plan sécuritaire, la police nationale d’Haïti doit également effectuer des opérations pour contrer les actes banditisme sur le territoire national.
FCN Haïti

