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Haïti-Éducation: Les examens officiels, luxe pour certains élèves, galère pour certains autres

Les examens du S4 ont débuté ce lundi, avec des milliers de candidats dans les statistiques de participation du MENFP. Cependant, entre l’insécurité, les déplacés et les écoles qui abritent les réfugiés, la plupart des élèves qui prennent part à  ces épreuves doivent s’estimer chanceux.
 
L’impact de la crise sécuritaire sur les bacheliers

 
La violence des gangs armés dans les quartiers populeux ont fait fuir beaucoup d’habitants, parmi lesquels de nombreux élèves. Selon le dernier bilan de l’OIM, près de 580 000 personnes ont dû abandonner leur domicile sous la contrainte des gangs.
 
Selon un décompte du ministère de l’Éducation Nationale, 183 000 candidats pour la 9ème AF, 11 553 recalés S4, 10 734 pour le secondaire rénové et 819 pour le secondaire traditionnel.

Haïti-Éducation: Les examens officiels, luxe pour certains élèves, galère pour certains autres

En Outre, la suspension du processus de scolarisation  de plusieurs  adolescents en raison de leur déplacement, des dizaines d’écoles publiques et privées servent d’abris aux réfugiés.
 
D’un côté, les superviseurs et surveillants se plaignent du nombre d’absents remarquable dans chaque salle. Même les plus privilégiés du système ne sont pas exemptés.
 
D’un autre coté, les élèves expriment leur déception due aux tests qui vont au-delà de leurs apprentissage pour l’ensemble de l’année académique 2023-2024 en raison de la fermeture forcée des établissements scolaires.

Haïti-Éducation: Les examens officiels, luxe pour certains élèves, galère pour certains autres
Haïti-Éducation: Les examens officiels, luxe pour certains élèves, galère pour certains autres

Naphca Aristide, âgée 19 ans, est une élève du nouveau secondaire 4, qui a vu ses parents contraints de fuir son quartier d’enfance pour se réfugier dans un ministère sous la pressions gangs armés. Des crépitements d’armes automatiques battent encore la chamade dans son cœur depuis le jour où elle a du se précipiter pieds nus dans les allées de la Ruelle, sans même avoir eu le temps de faire sa valise. C’est donc sou le choc de cette expérience tragique que Napheca subit les examens officiels pour boucler ses études classiques. Pour y parvenir elle à du se plier en quatre. “Personnellement, je me suis faite inscrire à un cours de rattrapage pour combler mes lacunes. Ceci n’empêche que certaines questions me soient très étranges”, se plaint-elle.
 
De nombreux élèves qui ont vécu des expériences pires que celle de Naphca participent aux épreuves cette année. Entre les épreuves des feux des gangs et celles du baccalauréat, ils n’auront qu’à se frayer un passage pour réussir dans la vie.

Haïti-Éducation: Les examens officiels, luxe pour certains élèves, galère pour certains autres

Aspect économique
 
De ce chaos qui bat son plein sur le territoire, l’économie est plongée dans un profond marasme. Le taux d’inflation touche quasiment le plafond avec une dévaluation exponentielle de la monnaie nationale. La cherté de la vie et l’augmentation du taux de chômage résultant de l’occupation des zones de commerce par les bandits, empêchant les parents de mener leurs activités quotidiennes pour pouvoir prendre soin de leurs enfants.
 
Déjà affectés par la promiscuité de leur nouveau mode de vie dans les camps de réfugiés, plusieurs dizaines d’élèves sont entrés dans les salles d’examens sans rien manger. Au temps de la pause ils ne peuvent pas s’offrir le luxe d’un petit pâté cordé. “Je suis là à leur offrir des sandwichs, ils m’ont dit qu’ils ne peuvent pas se le permettre”, témoigne une marchande de nourriture de trouvant devant un centre d’examens.
 
Aspect politique
 
Depuis la montée du nouveau gouvernement, beaucoup de choses ont changé. De nouvelles nominations ont été faites et ce cas n’exclut pas le ministère de l’Éducation Nationale et de la Formation professionnelle. Un nouveau ministre d’éducation a été installé à quelques jours des examens d’État. Ainsi s’installent de nouvelles pensées, de nouvelles normes et d’autres changements secondaires au sein de l’appareil.
 
Le système éducatif a connu un rebondissement pendant ces deux dernières années. le calendrier scolaire n’a pas été respecté. Pourtant, face à cette crise précaire que connaît le pays, le nouveau ministre de l’éducation, Professeur Augustin Antoine, n’a pas tardé à fixer la rentrée scolaire de l’année académique 2024-2025 pour le 1er octobre prochain. Les sites seront-ils libérés d’ici là? Personne ne le sait.
 
Toutefois, il est du ressort du gouvernement actuel d’établir les conditions de sécurité maximale, rétablissant  l’ordre et la paix dzns la cité afin de faciliter le retour à la normale en classe des élèves. En même temps, un changement de paradigme s’avère nécessaire pour revaloriser l’éducation dans toutes ses dimensions en Haïti, car tant aura valu l’école tant vaudra l’être haïtien. ” Tant vaut l’école tant vaut la nation”, dit l’autre.
 
Rogena Midy
 

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